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12/01/2008

Réconcilier philosophie et religion...

en délimitant strictement leur champ d'activité respectif: la philosophie doit s'occuper du domaine de la connaissance et s'abstenir de toute métaphysique qui ne peut être fondée de manière rationnelle...une fois pour toute, il n'y a pas de preuves expérimentales de l'existence de dieu.  La religion, quant à elle, s'occupe de ce qui est du domaine de la foi ou de la croyance. 

Il ne s'agit donc pas de dévaloriser l'une ou l'autre activité: chacune est respectable et peut être exercée par des personnes intelligentes même si ce sont deux activités par nature très différentes.

Discourir de ce qui est du domaine de la science (fonder une théorie de la connaissance rationelle) est extrémement utile car à partir du moment où un savoir est scientifique, les rêgles pour emporter la conviction de ceux qui participent au débat sont différentes de celles qui sont de mise dans d'autres activités.  Elle se base essentiellement sur l'expérience (les preuves à apporter doivent être de nature expérimentale) et sur le respect de règles logiques pour passer de prémisses, données par l'expérience, à des conclusions.  Elle utilise un langage, composé d'un lexique (des termes qui renvoient à des objets dans la réalité) et d'une grammaire qui permet de distinguer des énoncés valides ou bien formés, qui produisent du sens, d'énoncés non valide.  "La mer est bleue" est un énoncé valide..."Le loup est gentil" pose déjà plus de problèmes et "la mer est gentille" ne produit pas de sens, par exemple.  Ces quelques exemples illustrent tout l'intérêt du savoir philosophique.  Ce sont les questions, qui sont traitées par la philosophie des sciences et du langage et auxquelles des réponses sont apportées.

Discourir de croyances répond à une logique différente, à un mode de fonctionnement distinct: il s'agit de partir de croyances communes (dogmes), auxquelles on adhère ou pas, et de déduire tout aussi logiquement  de ces dogmes: des règles de vie, des prévisions sur le futur, des attitudes face aux événements.  Idéalement les règles de passage des prémisses (dogmes, qui ne sont pas un donné expérimental comme dans le cas des sciences) aux conclusions doivent être les mêmes que pour ce qui concerne le domaine des sciences.  En pratique, beaucoup de libertée sont souvent prises, des organes peuvent prescrire de manière autonome des normes: les conciles, les grands penseurs de l'église ou encore des imams peuvent édicter des Fatwa's.  Les problèmes d'interprétation sont innombrables et peuvent déboucher sur des pratiques qui évoluent...

Une morale laïque est-elle possible? C'est l'évidence: c'est notament le droit, c'est à dire les règles de vie en commun qui s'imposent à une communauté au terme d'un processus idéalement démocratique.  Sa légitimité repose sur le respect des règles de production de normes démocratiques.  Chacun est de surcroit libre de s'appliquer à soi-même rationnellement d'autres principes plus contraignants comme par exemple le principe d'universalité.  Lorsque nous nous interrogeons sur la pertinence d'une règle de conduite, que nous nous imposons sans y être contraint par la loi, il est intéressant de se poser la question pour en déterminer la qualité: et si tout le monde faisait ainsi, serait-ce mieux, moins bien, ou simplement vivable?  On peut s'astreindre à ne pas porter atteinte à la vie et devenir végétarien ou mieux végétalien, on peut aussi devenir objecteur de conscience, sans devoir recourir à dieu ou en le faisant.

Chacun est libre de s'imposer à soi-même d'autres règles de vie issue de Dieu, parfois plus contraignantes en fonction de ses convictions (croyances) personnelles.  Il est ainsi de la liberté de chacun de croire que l'avortement pour prendre un sujet qui fait débat est un crime (péché) contre la vie et donc contre la morale issue du système de croyance auquel on a choisi d'adhérer (je pense à la morale chrétienne).  Libre à chacun de se déterminer par rapport à cette question en fonction de ses croyances mais pourquoi vouloir imposer son système de croyance à d'autres, qui ne le partagent pas?  Le même type de raisonnement peut s'appliquer à d'autres systèmes de croyance, je pense à l' "obligation" de port du voile, par exemple.

Comment régler les conflits qui pourraient survenir entre des normes de droit, produites démocratiquement, et une morale "divine"?  C'est un vieux débat, qui remonte au moins à Antigone. LOL  Si nous sommes des démocrates, alors force doit rester à la loi!!!  Antigone ne vivait pas en démocratie!!!  Comment régler des conflits qui pourraient survenir entre des systèmes de croyance différent?  S'agissant de croyances, il est impossible de vouloir imposer rationnellement un système de croyance par rapport à un autre, comme il est d'ailleurs impossible d'en débattre rationnellement.  Seul un état démocratique, laïc, permet d'arbitrer ces questions, l'idéal est que les interventions sur ces thèmes se fassent d'ailleurs a minima.

Je crois que ces quelques principes sont les conditions de possibilités d'une société multiculturelle, mais je suis ouvert au débat. ;-)