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26/11/2008

Anne-Marie Lizin n’aime pas la démocratie

anne marie.jpgAprès son refus d’admettre les résultats de la consultation populaire sur son projet immobilier des Récollets, elle avait prétendu alors représenter la volonté de ceux qui n’avaient pas jugé utile de participer à cette consultation puisque ceux qui y avaient participé, avaient refusé avec une confortable majorité son projet.

 

Ce lundi, nous avons pu à nouveau constater à quel point elle avait une conception étrange de la démocratie. Mise en difficulté en raison de sa gestion désastreuse du CHRH (l’hôpital de Huy), par ailleurs en grande difficulté financière, elle en appelle aujourd’hui à un retour aux urnes qui lui redonnerait, pense-t-elle, à nouveau une majorité absolue et ainsi la possibilité de reprendre sans plus de contestation ses anciennes pratiques.

 

La démocratie, c’est pourtant le mode de gouvernement qui prévoit un contrôle des exécutifs par soit un conseil communal, soit un parlement. La substance d’une gouvernance publique démocratique, c’est qu’elle permette le débat, que ceux-ci soient publics et même que parfois certaines remarques, idées ou suggestions formulées par une opposition soient prises en compte. Cela ne plait pas à Huy, comme cela ne plaisait pas à Charleroi.

 

Plus fondamentalement encore, il est de plus en plus évident qu’il est illusoire d’espérer que le parti socialiste wallon s’auto-régule comme il était illusoire de penser à une auto-régulation des marchés financiers. En tout cas, chaque victoire électorale et surtout celles qui leur donnent une majorité absolue, semble être vécue par certains mandataires socialistes comme une autorisation à poursuivre sans contrôle et sans débat leur emprise absolue sur tous les rouages de la puissance publique en Wallonie.

 

Une rénovation des pratiques et des mœurs au PS, semble donc impossible tant que celui-ci ne connaîtra pas de désaveu électoral, tant qu’il ne perdra pas le leadership wallon. Même en admettant que le président du PS désire sincèrement rénover le parti dont il a la charge, comment pourrait-il le faire si cette rénovation implique que son parti se prive de ses plus importants pourvoyeurs de voix, qui détiennent aussi souvent une majorité absolue localement?  Il accepterait dès lors le risque d’une défaite électorale, dont il porterait, comme président, aussi la responsabilité devant les militants de son parti. Les tergiversations de la fédération liégeoise du PS, quant à la constitution des listes électorales, illustrent parfaitement ce phénomène…les atermoiements du Ministre Courard, également.

 

L’ambition du MR de s’emparer du leadership politique en Wallonie doit également être analysée en fonction de ces paramètres, il ne s’agit pas d’arrogance…plutôt la conscience de ses immenses responsabilités pour le devenir de notre région.

24/11/2008

Elio Di Rupo : La fin d’un règne ?

Elio.JPGCe week-end, le président du PS a envahi l’ensemble des médias pour initier la contre-offensive au congrès de lancement de campagne du MR à Namur. Elio Di Rupo doit principalement sa présidence au PS à ses qualités d’homme médiatique. ;-)  Il succédait à Philippe Busquin, qui nous a tant fait rire. Après avoir fait payer à son ancienne équipe de communication l’échec de sa campagne législative de 2007, en remerciant ses principaux collaborateurs, il était intéressant de découvrir ce week-end le millésime présidentiel « 2009 ».

La déception est malheureusement à la hauteur des attentes. Certes, il est apparu largement plus agressif que lors de la dernière campagne. Il semble déterminé à rendre les coups et à tenter de mouiller ses adversaires –sic-. Il reste malheureusement dans le déni des problèmes de gouvernance publique, qui concernent principalement les mandataires PS et sur lesquels il pourrait agir comme président de parti ou par une action des gouvernements auxquels son parti participe. Ce déni n’est pas anodin : comment et pourquoi prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer la gouvernance publique en Wallonie, si on persiste à refuser de voir qu’il existe des problèmes ? Comment croire qu’il pourrait être l’artisan d’une rénovation du PS ? Où reste le chevalier blanc qui prétendait qu’il poursuivrait lui-même les parvenus qui peuplent son parti ?

Son analyse de la situation politique et de la crise financière et économique, tient en deux phrases « cette crise est libérale » et « il faut plus de régulation ». La première affirmation est à peu près aussi intelligente que de dire que le PS wallon est responsable du goulag ou de Pol Pot…quoique. ;-) D’autant que quand on lui demande s’il souhaite que l’on mette fin au système d’économie de marché, qu’on pourrait aussi appeler « système d’économie libérale » -c’est le même concept- il répond par la négative. :-)

Mais bien sûr, il faut plus de régulation !!! Tout le monde le dit !!! Sauf que la régulation à laquelle le président du PS pense, c’est la régulation locale… Celle que nous ne connaissons que trop bien en Wallonie : tracasseries administratives, dédales de réglementations variées, changeantes et compliquées à tel point que notre région a vu naître une nouvelle profession : subsidiologues, les seuls qui s’y retrouvent dans ces labyrinthes. A grand renfort de populisme, il compte aussi s’attaquer aux monopoles ou oligopoles, qui lui coûtent si cher en rasoirs... Bien et si on commençait par le monopole postal ou de certains services publics, dont on a compris qu’ils ne rendaient pas service au public en refusant tout service minimum. ;-) A quand un service public de rasage...gratis ??? :-))

Ce que tout le monde dit, à commencer par des figures aussi peu socialistes que Sarkozy, Obama ou Didier Reynders, c’est qu’il faut une meilleure régulation des marchés financiers et surtout une régulation supranationale puisque les acteurs financiers et économiques sont désormais de taille mondiale.  Mais là, il ne dit rien...n'aurait-il rien à proposer?

Dès les premières secondes de cette interview, chacun a pu constater que le président du PS n'avait pas changé et n’avait plus grand-chose à dire. Alors que Pascal Vrebos lui demandait de s’expliquer sur ses responsabilités comme administrateur de Dexia dans le crash de cette banque, il n’a pu s’empêcher de rappeler pour la 150 ème fois qu’il avait destiné cette rémunération à la création d’une œuvre sociale. A tant le répéter et à si mauvais escient, on peut aujourd’hui presque douter de la vocation sociale du geste.