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23/04/2008

Le linguistiquement correct

tient lieu d'outil de sélection et d'instrument de cooptation, quelques exemples...

1. Les examens de langue néerlandaise dans la magistrature bruxelloise, qu'une amie juriste flamande m'a avoué ne pas être sûre de pouvoir réussir.

2. Les nombreuses attaques contre le manque de bilinguisme du roi et plus généralement de la famille royale, notamment du prince Philippe alors que celui-ci a fait une grande partie de son cursus scolaire en néerlandais, qu'il parle cette langue quotidiennement avec ses collaborateurs flamands...son niveau ne serait pas suffisant.

3. La caractère flamand d'une personnalité comme Hermann De Croo, qui ne prononcerait pas assez bien le "sch" et dont de nombreux adversaires politiques remettent en cause la "flamandité" sous ce prétexte.

Il est évident que la connaissance de la langue néerlandaise est instrumentalisée par une partie de la communauté flamande pour en faire un véritable outil de domination politique, de cooptation en matière de recrutement dans certaines entreprises, etc. Ces questions sont clairement instrumentalisées par les nationalistes flamands, sans qu'aucun intellectuel flamand n'ose d'ailleurs intervenir au risque d'être immédiatement taxé de mauvais flamand, si pas de traitre à la cause flamande.

Il ne s'agit évidement pas de toute la communauté flamande, mais certainement de la frange nationaliste du mouvement flamand. Mais cette minorité est agissante et réduit au silence le reste de la communauté flamande.

Quelqu'un comme Brigitte Grauwels, ministre de fonction publique bruxelloise n'affirme-t-elle pas préférer un bilingue incompétent à un unilingue compétent.

Ce ressentiment se base le plus souvent sur des frustrations endurées, au siècle passé par une classe populaire flamande dominée par une bourgeoisie francophone.

Ce qui est souvent oublié par ces flamingants revanchards, c'est que de telles humiliations ont également été endurées par des wallons de la classe populaire à cette époque, qui parlait généralement uniquement wallon.

De l'autre côté de la frontière linguistique, certains en ont fait des questions existentielles...il est cependant probable que celles que nous subissons aujourd'hui en tant que francophones, sont en train de forger une identité francophone, qui était totalement absente auparavant. Le wallon et le bruxellois se sentait avant tout belge et pas francophone ou wallon voire bruxellois. Il s'agit d'un processus de contruction classique d'une identité tant du point de vue individuel (construction du moi chez l'enfant(Voir Piaget)) que du point de vue des groupes. Une abondante littérature témoigne du phénomène. C'est un des objectifs poursuivis par tous les séparatistes que comptent ce pays. Il en existe aussi (très peu) du côté francophone.