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10/05/2008

Yves Leterme est seul...

Hier au cours d’une séance plénière de la chambre, Yves Leterme n’a pas pu convaincre son propre groupe parlementaire de s’abstenir de voter l’inscription de la « scission » de BHV à l’agenda de la chambre.  Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V/N-VA, ne se sent pas tenu par les engagements contenus dans l’accord de gouvernement porté par le premier ministre CD&V.  Il a préféré proposer ce vote à ses collègues plutôt que de soutenir son chef de file au gouvernement.

 parlement

Cette attitude est pour le moins paradoxale.  N’est-il pas schizophrénique de prétendre dans un accord de gouvernement que BHV fera l’objet d’une négociation et sera solutionné par un compromis au sein de ce gouvernement et d’autre part de voir son chef de groupe à la chambre s’engager sur la voie d’un passage en force, par ailleurs purement théorique, hostile par la voie d’un vote communauté contre communauté ? 

 

Durant la campagne électorale, le candidat Leterme a prétendu que solutionner BHV ne demanderait que « Vijf minuten politieke moed » (cinq minutes de courage politique), c’est de ce courage dont notre premier ministre a pourtant singulièrement manqué.  Nous attendions de lui qu’il ait le courage de faire taire ceux qui dans son parti, l’encourageaient à s’engager dans la voie sans issue d’un vote  guerrier et sans concession.  Nous attendions de lui qu’il défende la voie de la négociation, qu’il démontre l’inanité de toute tentative de passer en force.  Nous attendions de lui qu’il formule des propositions équilibrées, qui profitent aux citoyens des deux communautés, pour sortir enfin par le haut de cet épineux dossier.  Nous attendions de lui qu’il défende les intérêts des Belges, qui se soucient dans leur immense majorité comme d’une guigne de ces questions politico-politiciennes.

 

Il a capitulé devant les vociférations des gueulards de son propre parti, et celles de ses partenaires de cartel N-VA.  Il a capitulé devant la pression à laquelle ces derniers sont soumis par le mouvement nationaliste flamand, par la liste De Decker et par le Vlaamse Belang.  Il a capitulé en faisant passer les intérêts particuliers des plus extrémistes de son parti, la peur de se dédire de promesses électorales insensées et intenables, devant l’intérêt du pays et de ses habitants.  « Die man kan het niet !!! »  (Cet homme n’y arrive pas)  titrait récemment Luc VanderKelen, éditorialiste au “Laatste Nieuws”.

 

Impossible pourtant de taire le terrifiant silence voire même parfois la dangereuse complaisance des intellectuels et analystes flamands…  C’était et cela reste leur rôle d’expliquer que la démocratie est la forme de gouvernement, qui impose le débat public et le compromis sur la force, qui oblige à convaincre plutôt qu’à contraindre, qui protège les intérêts des minorités contre les dérives des majorités.  C’est l’essence même de cette démocratie, qui vient d’être bafoué par ce vote communauté contre communauté. 

 

Le Vlaamse Belang ne veut pas de cette démocratie, le fait était connu et établi depuis longtemps et déjà du temps du Vlaamse Blok.  Aujourd’hui, nous devons constater que son populisme et ses simplismes  ont essaimé jusque dans les partis flamands à vocation gouvernementale.  Cet idéalisme jusqu’à l’absurde est une défaite de l’intelligence qui doit en rappeler d’autres à tous les démocrates.

800 000 voix ne semble pas une garantie suffisante contre la solitude.  Cool
 

Pour suivre les débats à la chambre ou revoir ceux qui s'y sont déroulés hier:

http://www.lachambre.be/streaming/getPage.asp?language=fr

 

Les réactions politiques sur Ciel Radio accessible sur le site de « La Libre »:   

Didier Reynders, président du MR

Laurette Onkelinx, Vice-première ministre PS

Melchior Wathelet, secrétaire d'état cdH

Jean Michel Javaux, co-président Ecolo

Les réactions politiques sur RTL

Didier Reynders, président MR

Joëlle Milquet, présidente du cdH

Isabelle Durant, co-présidente Ecolo

23/04/2008

Le Déclin du PS

Le PS reste un parti pour lequel ont encore voté beaucoup de monde...cela ne veut pas dire qu'il n'a pas connu une défaite électorale cuisante. Le Spa en a tiré les leçons et préfère siéger dans l'opposition, le PS semble ne pas pouvoir se passer de pouvoir.

L'action de la Ministre Arena ne se résume ni à l'histoire de douche (même si dépenser 300 000 € pour réaménager tout l'étage qu'elle occupe dans son ministère, n'était pas la meilleure entrée en matière possible surtout si nous considérons l'état de certains bâtiments scolaires et qu'elle dispose d'une indemnité pour un logement de fonction de 1000 €/mois comme tous les autres ministres). Les files devant les écoles ont concerné bien plus de 20 écoles (d'après les organisations de parents d'élève du libre ce serait plutôt 140 rien que dans ce réseau d'enseignement) et même si tel avait été le cas...je trouve que le spectacle auquel nous avons assisté à l'occasion de l'application de ce décret est indigne!!! Et je ne suis pas le seul à le penser... Quant aux médias téléguidés par le MR, je laisse ici chacun juger de votre bonne foi. LOL

Ce qui révolte la population sur ce forum et bien plus encore dans le monde réel, c'est l'incroyable faculté du PS à nier les problèmes, à les minimiser voire même à les excuser. Une des tactiques employées consiste à mouiller tout le monde (sans preuve d'ailleurs), une autre consiste à retarder toute mise en oeuvre de dispositions permettant de mettre un terme définitif à certaines pratiques. Je songe aux levées de bouclier et même aux menaces subies par Charles Michel lorsqu'il a voulu traiter de ces problèmes (on voit aujourd'hui ce que cela cachait) et à la réforme Courard, sans cesse amendée ou retardée.

Sans parler des pratiques, qui ne sont pas en tant que telles illégales mais qui sont bien contraires à l'éthique comme celles concernant des cabinets révisoraux qui contrôlent des entreprises para-publiques ou publiques dans lesquels siègent leurs principaux actionnaires ou aux démarchage d'administrations publiques via un président de centre d'études socialistes par un avocat. Ces pratiques entraineraient des démissions honteuses dans bien des pays et même, plus proche de nous, de l'autre côté de la frontière linguistique: je pense à la Ministre régionale de l'économie, Fientje Moermans...elle n'avait pourtant tiré elle aucun bénéfice matériel dans l'attribution de marché de consultance à des proches de sa commune.

La révélation de l'existence d'un cartel entre le PS et le CDH, n'est sans doute pas une perspective réjouissante pour lui, mais c'est pourtant la seule explication plausible à ces deux faits:

Lorsqu'elle était filmée durant la négociation dans le cadre d'un reportage devant être diffusé au terme de celle-ci, Joëlle Milquet n'hésitait pas à s'en prendre violemment à Didier Reynders: se qualifiant de seule représentante des francophones à la table notamment (la médisance était constante tout au long du reportage), après d'ailleurs s'être assuré que la caméra tournait bien. Il me semble peu crédible que cet acte intentionnel puisse être le fait de quelqu'un qui a la volonté de participer à un gouvernement avec ce même Didier Reynders.

Sur son blog, Elio Di Rupo précisait quant à lui que des surprises ne manquerait pas d'animer cette négociation. Voilà ce qu'il nous disait le 28/07/2007 sur son blog: "Marseillaise, Orange-bleu, Orange sanguine, maillot jaune, Ministre-Président, infirmière, météo, … les sujets ne manquaient pas. Et je suis prêt à parier un kilo de chocolat que l’été ne sera pas si calme que ça. Des rebondissements politiques me paraissent même bien possibles."

Par la suite, ni le CDH, ni le PS, n'ont accepté de participer à un gouvernement dans lequel l'autre ne siégerait pas. Je ne suis pas un partisan des théories du complot...mais ces quelques faits ne peuvent s'expliquer que par l'existence d'un pacte entre ces deux formations. J'ai déjà beaucoup dit sur ce forum que le MOC (Syndicat CSC et mutualités chrétiennes) a appelé avant, pendant et après la formation de ce gouvernement à la réalisation d'un olivier au mépris du souhait des électeurs. Les mandataires du MOC ne choisissent pas par hasard le PS lorsqu'ils se lancent en politique: François Martou (past president de la CSC), Christiane Vienne, ancienne secrétaire générale CSC, José Damilot et beaucoup d'autres.

Enfin, je ne crois pas une seconde à la théorie selon laquelle Didier Reynders serait tellement imbuvable qu'il ne serait plus possible de l'associer à une équipe gouvernementale: La réalité a été révélée dans le Soir par Paul Magnette, qui n'a pas oublié qu'il était politologue dans une autre vie... Le PS a renversé en 2004 son alliance avec le MR en dépit d'un accord signé devant notaire LOL...parce que, après l'épisode Fourneau, celui-ci constituait une menace à sa totale hégémonie sur la politique wallonne depuis des dizaines d'années. Cela ne date donc pas de l'accession de Didier Reynders à la présidence du MR!!!

En 2009, il est aujourd'hui clair qu'il faudra que le cartel PS/CDH ne dispose pas d'une majorité ensemble (ce qui est aujourd'hui le cas si on en croit les résultats de 2007 et les récents sondages) si les électeurs veulent sanctionner un PS, poursuivi par les affaires.

De leur côté, Ecolo et le MR ont en commun de vouloir réformer en profondeur le paysage politique francophone, notamment dans le domaine éthique... Ils partagent une même préoccupation pour les problématiques environnementales, même si les différences d'approche n'échapperont à personne.

La violette fédérale et régionale a prouvé pendant 8 ans les capacités du MR à gouverner loyalement avec un partenaire de gauche.

06/01/2008

Le voeu des électeurs

Certains s'interrogent sur la possibilité de mettre en place une politique de centre droit en Belgique, suite à l'échec des négociations de l'orange bleue et également sur l'inexistence d'une majorité politique dans ce sens au niveau belge et plus encore francophone. 

Cette volonté des électeurs est pourtant parfaitement claire du côté flamand, en votant massivement pour le CD&V/N-VA et en désavouant le Spa, qui perd dans l'aventure plus de 300 000 voix: il a marqué son choix pour une politique au moins de centre droit.  Le risque existe clairement d'une radicalisation plus à droite encore et certainement plus séparatiste au niveau communautaire avec un vlaamse belang, qui se maintient, et une spectaculaire ascension de la liste De Decker.

Au sud, l'ambiguïté du CDh trouble le jeu politique.  Ils se sont clairement positionnés au centre pendant la campagne électorale, dans la foulée du succès de Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle française.  Puis la mise en cartel de ce parti avec le PS, avec lequel ils gouvernent à la région, a été révélée aux électeurs pendant la négociation de l'Orange bleue.

Combien d'électeurs CDh sont d'accord avec le silence de ce parti sur le décret Arena?  Combien sont d'accord avec ce scotchage au PS, combien se réjouissent de la nomination d'une figure de proue de la CSC (syndicat chrétien) et donc du Mouvement Ouvrier Chrétien au seul poste ministériel de ce gouvernement intérimaire?

Je crois que les électeurs CDh ne se rendaient pas compte du degré de connivence qui existait à la tête de ce parti avec la ligne directrice du PS.  La position centriste du CDh n'a existé que pendant la campagne électorale.  Pour moi, il s'agit d'une tromperie des électeurs et les prochaines échéances électorales confirmeront, selon moi, cette analyse.

La victoire du MR et les progrès d'écolo, confirment une tendance lourde de l'électorat francophone en faveur du changement notamment du point de vue de l'éthique politique, mais également face à l'échec de la politique socialiste en terme de redéploiement de l'économie wallonne et enfin face aux enjeux d'avenir posés par le renchérissement du coût des énergies fossiles et du déréglement climatique.

Aucune réponse cohérente et innovante n'est apportée sur ces thématiques par l'actuelle majorité CDh/PS ni à la communauté, ni dans les gouvernements régionaux francophones.  L'immobilisme du passé est total: impossible rénovation du PS (par exemple le cas Lizin, qui est simplement nié par les instances, le silence du CDh est quant à lui sur ces questions assourdissant), immobilisme dogmatique syndical tant du PS que du CDh, malgré quelques effets de manche de mandataires CDh, isolés.  (par exemple en matière de service minimum dans les transports), carence dans la gestion (la gestion du Ministre Daerden est pointée du doigt par la cour des comptes pour notre réseau autoroutier), émiettement voire parfois même absence d'utilisation des ressources du "plan marshal".  Le cartel PS/CDh communique beaucoup mais le plus souvent à contre-temps, sans cohérence et surtout sans efficacité.