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10/03/2008

Un rapprochement ecolo-mr

Les enjeux de développement durable sont de vrais enjeux qu'il convient de traiter avec tout le sérieux qu'ils méritent.

1. Certains écologistes estiment que ces problèmes, qui sont aussi le produit de notre système d'économie de marché, sont de nature à remettre en cause les fondements de celui-ci.

Je préfère croire qu'il vaudrait mieux ne pas se priver d'un système, qui a prouvé son efficacité et qui nous a, par exemple, permis de doubler notre espérance de vie en un siècle en améliorant considérablement la qualité de vie du plus grand nombre...

2. La plupart des écologistes estiment que c'est le rôle de l'état d'intervenir pour réguler le marché et y introduire par la contrainte (réglements, interdictions, contrôles, etc)une meilleure prise en compte des enjeux durables.

Je pense quant à moi qu'il est toujours de loin préférable de limiter au maximum les interventions de l'état et de faire confiance au libre arbitre rationnel des gens.

Dans le cas où ces incitations ne suffisaient pas (si les incitations par exemple par le biais de la fiscalité ou par une meilleure information sur la nature des enjeux et sur la réalité du marché étaient inopérantes), l'état pourrait être amené à intervenir alors de manière contraignante. La main invisible ne peut non plus être érigée en dogme absolu. Force doit rester au politique dans une démocratie, et il est dans son rôle lorsqu'il vise à promouvoir une croissance durable et qu'il intervient dans cet objectif. Comme il est également dans son rôle lorsqu'il intervient dans les matières sociales. Cela doit se faire a minima.

3. La gestion de l'environnement ne peut s'abstraire de considérations socio-économiques...on ne peut justifier des catastrophes économiques ici et maintenant même si le but est positif sur le long terme. Par exemple en matière nucléaire, il serait absurde de vouloir se priver de cette source d'énergie ou pire de ne pas s'en priver mais de laisser d'autres nous la fournir. Les comportements de belles âmes ne sont pas de mises, la politique est bien l'art du possible. Le dogmatisme n'y a pas de place.

4. Dans le même ordre d'idée, les apologies de la décroissance à tout prix me semblent dangereuses et imbéciles...Car la décroissance signifie avant tout plus de chômage, moins de possibilités de préserver notre qualité de vie (sécurité sociale, soins de santé, etc), en un mot plus de misère...

Je pense que s'il faut préserver la croissance, qui rime avec prospérité, il faut aussi réorienter celle-ci de manière à la rendre compatible avec des objectifs durables. C'est le rôle du politique de réintroduire de la durée dans les processus économiques et il faut prendre conscience que les acteurs économiques ou le marché sont parfaitement incapables de cette démarche par eux-même.

L'horizon des entreprises dépasse rarement la prochaine annonce de résultats semestriels. Il est à noter que le pouvoir ultime n'a jamais été détenu dans l'histoire de l'humanité par des financiers... Ceux-ci ont toujours été soumis soit à des politiques (démocratiques ou non), à des guerriers, à des philosophes ou à des religieux.

L'avenir de l'humanité n'a jamais été le fait de gens dont l'unique moteur était d'ordre financier comme il semble l'être aujourd'hui...Je crois même que c'est incompatible.

Si des nuances existent bel et bien entre écologistes et libéraux, ils me semblent qu'une collaboration est parfaitement envisageable. D'autant que tous deux sont prêts à réformer en profondeur la société et qu'aucun ne tire avantage (sans revenir sur les affaires récentes) de la situation actuelle. Les conservateurs de ce pays ont bien formé un cartel...LOL

17/01/2008

Tous les philosophes disent-ils la même chose avec des mots différents

ous les philosophes abordent certainement les même thématiques:

-Qu'est-ce que l'homme? La philosophie, en tentant de répondre à cette question, est à l'origine de bien des savoirs comme l'anthropologie, la psychologie, la sociologie, les sciences économiques etc...

- Comment raisonne-t-il et comment vérifier la validité d'un raisonnement? C'est la théorie de la connaissance et la logique, qui sert aussi aujourd'hui à programmer des ordinateurs et qui est particulièrement féconde en matière d'intelligence artificielle dont les problèmes sont traités depuis les premiers philosophes. Les mathématiques sont également indissociablement à la philosophie et aux recherches sur le raisonnement. Songeons à Pythagore ou Descartes, par exemple, qui étaient avant tout des philosophes.

-La philosophie du langage, qui a donné naissance à la linguistique, aux différentes philologies. Dans le monde anglo-saxon, il est communément admis que la majorité des problèmes philosophiques se résument à des confusions de langage et certainement les problèmes métaphysiques: utilisation de mots qui renvoient à des réalités "virtuelles" ou imaginaires.

- Les réflexions sur le jugement, ont permis l'émergence de savoirs comme la morale, l'éthique ou le droit.

Pour le dire brièvement, la philosophie est à l'origine de la quasi totalité des sciences humaines et ses découvertes sont utiles à toutes les sciences. Comment démontrer un théorème de la physique sans recours à la logique, par exemple...c'est impossible.

Bien entendu, compte tenu de l'inflation des connaissances...il est devenu impossible pour aucun philosophe d'exceller dans toutes ces matières et autres objets d'étude, ce qui était pourtant le cas des philosophes de l'antiquité. Sans doute, doit-on à ces premiers philosophes l'image d'épinal de ces sages à barbe blanche ayant réponse à tout, propageant un savoir consensuel, qui n'autoriserait pas le débat. Ce n'est bien sûr pas le cas et cela ne l'a jamais été. Les débats philosophiques font rage depuis l'antiquité et continuent évidement encore aujourd'hui, les conceptions du monde s'affrontent, les interprétations divergent. Il existe néanmoins un trait d'union entre tous les philosophes: tous reconnaissent que la raison doit présider à l'argumentation, que les règles de la logique s'appliquent...ce qui enveniment certainement encore les débats, qui sont d'autant plus violents mais cela permet d'écarter aussi les faux discours, les intimidations ou la violence physique, la guerre.

Alors que dans le cas des guerres de religion, notamment, ce sont bien deux ou plusieurs légitimités qui s'affrontent fondées sur des textes sacrés, des croyances ou des réalités "METAPHYSIQUES". Ce qui autorise et même légitimise l'emploi de tous les moyens pour convaincre ou convertir etc...

En se fondant sur la raison et en postulant que celle-ci est "également" partagée par tous les hommes, les philosophes préfèrent convaincre que se battre...C'est sans doute l'origine de la démocratie.
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Réponse Voilà une thèse bien polémique Job 16/01
La philosophie serait donc parée des plus beaux atours et générerait les plus belles vertus et les plus beaux savoirs humains. Alors que la religion naviguerait dans l’obscurantisme le plus total et provoquerait les pires dérives humaines. J’espère avoir bien résumé votre thèse ?

Heureusement que vous nous aviez prévenus, en parlant d’emblée de polémique. Comment faisaient donc tous ces philosophes antiques, dont vous nous brossez l’image, pour aborder aussi bien les questions philosophiques que les questions religieuses ? S’agissait-il de versions primitives de Dr Jekyll et Mr Hyde ? Que vos sciences humaines encore balbutiantes n’avaient pas permis de traiter ?

Et les guerres entre Athènes et Sparte, ou entre Athènes et les Perses, étaient-elles selon vous des guerres de religion ou des guerres de philosophies opposées ? Heureusement en tout cas, que Hitler et Staline aient eu les avis éclairés d’un Nietzsche pour les guider vers le chemin de la sagesse philosophique. Où en serions-nous sans tous ces sages, avec ou sans barbe blanche ?

Vous avez dit, polémique ? Sans blague maintenant, vous ne retenez de la religion rien d’autre que ces prétendues guerres avec lesquelles on vous fait peur ? À mon avis, vous risquez de déclencher non seulement une polémique mais carrément une guerre de philosophies. Des philosophes se sont déchirés pour moins que ça !
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Réponse La guerre et la philosophie Philip Hermann 17/01
Je ne crois pas que la philosophie puisse jamais être impliquée dans une guerre. LOL Ce qui n'est malheureusement pas le cas des religions, dont les exemples sont innombrables.

Je considère que la philosophie est une entreprise pacifique de démystification de la réalité qui nous entoure: en cherchant les causes rationnelles aux événements sans chercher à les expliquer par des discours "surnaturels".

Le discours dominant a souvent été religieux, songeons à Socrate forçé de boire la cigüe au terme d'un procès en impiété...et ce n'est qu'un exemple.

Hitler et Staline inspiré par Nietzche, lol, il n'avait sans doute pas tout lu et certainement pas bien compris. Les guerres n'ont pas seulement été causée par des conflits religieux: l'impérialisme, la conquète de territoires, des conflits politiques, l'accès aux ressources naturelles rares, des conflits politiques, bien des événements peuvent expliquer ces événements et je n'accuse pas les conflits religieux d'être la cause de toutes les guerres, même si d'ailleurs la religion a parfois été instrumentalisée pour des raisons politiques (le fameux "god mit uns"), par exemple). Il est indéniable qu'elles ont été la cause de certaines. Songeons à la Saint Barthélémy, aux croisades, à la colonisation, aux conquistadors ou encore au Liban, à la Palestine, à l'Irlande ou encore à Ben Laden...et au fondamentalisme musulman. Nier que ces conflits ont des origines religieuses, est absurde.

C'est malheureusement une conséquence lorsque la légitimité vient de dieu et qu'il est impossible d'en débattre. Toutes les tentatives pour parvenir à un mode de résolution pacifique des conflits, sont fondées sur la raison et non sur dieu. Le meilleur exemple, c'est l'Europe ou encore l'ONU. Lorsque la légitimé d'une action vient de dieu, il est très difficile d'arriver à des compromis "raisonnables". Les guerres de religions sont des conflits ou deux légitimités s'affrontent. Lorsque nous nous fondons sur la raison, il est évidement plus facile de parvenir à des compromis.

Par exemple: les interdits alimentaires religieux. Si leur seule justification provient de textes sacrés comme la Bible, la Torah ou le Coran. Comment argumenter, si l'ultime justification c'est que c'est écrit dans un livre et qu'il y en a trois qui disent des choses différentes? Si on envisage les choses de manière rationnelle, alors on s'aperçoit qu'il était dangereux de manger de la viande de porc dans des pays dont le climat était si chaud...la viande se corrompt rapidement. Si c'est cette raison, qui justifie ces interdits alors l'invention du frigo est de nature à faire tomber les interdits. Les fondamentalistes de tout bord, vous diront que cela reste péché. Et pourtant, dans les évangiles, le christ ne s'en prenait-il pas à ces sépulchres blanchis. LOL Malheureusement, les discours religieux servent le plus souvent à asseoir l'autorité temporelle d'une église. Les méchanismes sont les mêmes dans toutes les religions et sont désormais connus...TOTEM et TABOUS. Il me semble pourtant alors qu'on passe à côté de l'essentiel. Mais ce n'est que mon avis. ;-)

12/01/2008

Réconcilier philosophie et religion...

en délimitant strictement leur champ d'activité respectif: la philosophie doit s'occuper du domaine de la connaissance et s'abstenir de toute métaphysique qui ne peut être fondée de manière rationnelle...une fois pour toute, il n'y a pas de preuves expérimentales de l'existence de dieu.  La religion, quant à elle, s'occupe de ce qui est du domaine de la foi ou de la croyance. 

Il ne s'agit donc pas de dévaloriser l'une ou l'autre activité: chacune est respectable et peut être exercée par des personnes intelligentes même si ce sont deux activités par nature très différentes.

Discourir de ce qui est du domaine de la science (fonder une théorie de la connaissance rationelle) est extrémement utile car à partir du moment où un savoir est scientifique, les rêgles pour emporter la conviction de ceux qui participent au débat sont différentes de celles qui sont de mise dans d'autres activités.  Elle se base essentiellement sur l'expérience (les preuves à apporter doivent être de nature expérimentale) et sur le respect de règles logiques pour passer de prémisses, données par l'expérience, à des conclusions.  Elle utilise un langage, composé d'un lexique (des termes qui renvoient à des objets dans la réalité) et d'une grammaire qui permet de distinguer des énoncés valides ou bien formés, qui produisent du sens, d'énoncés non valide.  "La mer est bleue" est un énoncé valide..."Le loup est gentil" pose déjà plus de problèmes et "la mer est gentille" ne produit pas de sens, par exemple.  Ces quelques exemples illustrent tout l'intérêt du savoir philosophique.  Ce sont les questions, qui sont traitées par la philosophie des sciences et du langage et auxquelles des réponses sont apportées.

Discourir de croyances répond à une logique différente, à un mode de fonctionnement distinct: il s'agit de partir de croyances communes (dogmes), auxquelles on adhère ou pas, et de déduire tout aussi logiquement  de ces dogmes: des règles de vie, des prévisions sur le futur, des attitudes face aux événements.  Idéalement les règles de passage des prémisses (dogmes, qui ne sont pas un donné expérimental comme dans le cas des sciences) aux conclusions doivent être les mêmes que pour ce qui concerne le domaine des sciences.  En pratique, beaucoup de libertée sont souvent prises, des organes peuvent prescrire de manière autonome des normes: les conciles, les grands penseurs de l'église ou encore des imams peuvent édicter des Fatwa's.  Les problèmes d'interprétation sont innombrables et peuvent déboucher sur des pratiques qui évoluent...

Une morale laïque est-elle possible? C'est l'évidence: c'est notament le droit, c'est à dire les règles de vie en commun qui s'imposent à une communauté au terme d'un processus idéalement démocratique.  Sa légitimité repose sur le respect des règles de production de normes démocratiques.  Chacun est de surcroit libre de s'appliquer à soi-même rationnellement d'autres principes plus contraignants comme par exemple le principe d'universalité.  Lorsque nous nous interrogeons sur la pertinence d'une règle de conduite, que nous nous imposons sans y être contraint par la loi, il est intéressant de se poser la question pour en déterminer la qualité: et si tout le monde faisait ainsi, serait-ce mieux, moins bien, ou simplement vivable?  On peut s'astreindre à ne pas porter atteinte à la vie et devenir végétarien ou mieux végétalien, on peut aussi devenir objecteur de conscience, sans devoir recourir à dieu ou en le faisant.

Chacun est libre de s'imposer à soi-même d'autres règles de vie issue de Dieu, parfois plus contraignantes en fonction de ses convictions (croyances) personnelles.  Il est ainsi de la liberté de chacun de croire que l'avortement pour prendre un sujet qui fait débat est un crime (péché) contre la vie et donc contre la morale issue du système de croyance auquel on a choisi d'adhérer (je pense à la morale chrétienne).  Libre à chacun de se déterminer par rapport à cette question en fonction de ses croyances mais pourquoi vouloir imposer son système de croyance à d'autres, qui ne le partagent pas?  Le même type de raisonnement peut s'appliquer à d'autres systèmes de croyance, je pense à l' "obligation" de port du voile, par exemple.

Comment régler les conflits qui pourraient survenir entre des normes de droit, produites démocratiquement, et une morale "divine"?  C'est un vieux débat, qui remonte au moins à Antigone. LOL  Si nous sommes des démocrates, alors force doit rester à la loi!!!  Antigone ne vivait pas en démocratie!!!  Comment régler des conflits qui pourraient survenir entre des systèmes de croyance différent?  S'agissant de croyances, il est impossible de vouloir imposer rationnellement un système de croyance par rapport à un autre, comme il est d'ailleurs impossible d'en débattre rationnellement.  Seul un état démocratique, laïc, permet d'arbitrer ces questions, l'idéal est que les interventions sur ces thèmes se fassent d'ailleurs a minima.

Je crois que ces quelques principes sont les conditions de possibilités d'une société multiculturelle, mais je suis ouvert au débat. ;-)