Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/01/2008

La note Verhofstadt

9ef1c1246690187928d0e49c3edf141f.jpgSon premier mérite est d’exister et de poser l’ensemble des problèmes effectivement sur la table.  Au moins dans les trois mois qui viennent, la question du menu sera enfin dépassée, n’en déplaise à Madame Milquet ou à la N-VA.  Guy Verhofstadt, dont la carrière politique s’achève, a pu se permettre ce que d’autres,l’œil rivé sur 2009,s’étaient jusqu’ici interdit et c’est heureux.

 

Sur le fond, cette note est aujourd’hui critiquée mais aussi saluée des deux côtés de la frontière linguistique…signe indubitable qu’il y règne un certain équilibre.  Bien sûr, même s’il a été premier ministre pendant 8 ans, Guy Verhofstadt, qui était en début de carrière un régionaliste convaincu, n’est pas devenu un asexué linguistique.  Si toutes les revendications flamandes s’y retrouvent, on ne peut pas en dire autant de celles des francophones mais examinons cela de manière approfondie.

 

Le point qui me semble le plus positif, concerne la circonscription fédérale qu’il met définitivement à l’agenda ainsi que la réforme du sénat qu’il transforme en organe à vocation purement communautaire en exigeant la parité linguistique.  Le plus intéressant réside certainement dans la façon dont il justifie cette réforme : il s’agit de renforcer l’état fédéral, dont une partie des élus doivent rendre des comptes devant l’ensemble de la nation.  Il indique qu’il s’agit d’une condition de possibilité de sa viabilité, notamment face à l’émergence de discours de plus en plus radicaux sur les thématiques communautaires.  Le moindre mérite de cette proposition n’est pas de rassurer sur la volonté de consolider durablement l’état fédéral et de permettre de calmer quelque peu les peurs et les tensions. 

 

Une autre idée forte de cette note consiste dans la mise en place de critères de convergences qui permettraient de garantir que si des disparités interrégionales devaient apparaître à propos de compétences transférées aux régions , celles-ci ne pourraient pas dépasser certaines limites et ne s’effectueraient qu’à la marge en garantissant une solidarité interpersonnelle minimale entre tous les belges.   Néanmoins le transfert de compétences envisagé est large, souvent même plus large encore que ce qui avait fait l’objet de négociations dans le cadre de l’ Orange Bleue alors que par ailleurs certaines menaces existent en cas de transfert même limité sur des sujets comme les allocations familiales ou l’impôt des sociétés. 

 

Rendre les régions et communautés compétentes en dans ces matières même de manière limitées peut induire des phénomènes de « shopping communautaire » pour les entreprises dont certaines actives sur l’ensemble du territoire transfèreront leur siège vers la région fiscalement la plus intéressante, même si les différences semblent limitées  (le problème ne se posait toutefois pas tant qu’il ne s’agissait que d’incitants fiscaux comme dans les questions posées par Leterme aux négociateurs de l’Orange bleue) ou une flamandisation fictive des familles bruxelloises en raison d’un régime d’allocations familiales plus favorable.   Ces problèmes ne semblent pas trouver de solution dans cette note.

 

Du point de vue des revendications francophones, l’élargissement de Bruxelles est remplacé par l’idée d’une communauté urbaine, qui ne me semble pas régler le problème posé par la tutelle sur ces communes exercées par le gouvernement flamand : non-nomination des bourgmestres et n’offrir que peu de garanties que de nouveaux problèmes ne surgiront pas ultérieurement même si les plus urgents sont par ailleurs traités comme l’abrogation des circulaires Peters par la mise en place d’un système plus souple signalement une fois par an que l’on désire recevoir ses documents en français plutôt que le cirque actuel, possibilité de financement d’activités culturelles par la communauté francophone et l’abandon de cette idée farfelue de faire inspecter des écoles francophones par des inspecteurs flamands.  Seul l’élargissement de Bruxelles à ces six communes à facilités majoritairement francophones, permettrait de solutionner définitivement ce problème.

 

Il appartient à présent aux négociateurs francophones de se mettre d’accord sur un catalogue hiérarchisé de priorités dans la négociation qui s’annonce : il me semble qu’il convient de ne pas transiger sur certains transfert de compétences, d’exiger que le niveau fédéral est le plus adéquat pour traiter de certaines, d’obtenir plus pour la région bruxelloise et pour les minorités francophones de Flandres (dans ce texte, seuls les germanophones obtiendrait ce statut ?) et de garantir les mécanismes de financement et de solidarité interpersonnelle.  Cette note, par les mécanismes qu’elle prévoit, peut constituer une base de négociation mais n’est certainement pas acceptable comme telle.  Au travail, le compteur s’est remis à tourner…en sens inverse mais il tourne en tout cas sur les écrans de la RTBF.  LOL 

07/01/2008

Moureau: poisson pilote du cartel?

Madame Milquet ne voulait pas entendre parler de réforme de l'état. Selon elle, il était important de faire revenir le PS à la table des négociations pour mieux pouvoir dire "non". LOL

Aujourd'hui, nous devons constater que ce n'est pas ce qui se prépare...bien au contraire, ca va plutôt être un "oui" enthousiaste. Le PS semble déterminé à tout brader pour se maintenir au pouvoir (c'est d'ailleurs bien ce qu'escomptait le cartel CD&V/NVA, qui avant le scrutin... il misait lui aussi sur une rouge romaine singulièrement affaiblie comme partenaire francophone) contre un ultime (LOL)renforcement des "garanties" institutionelles (une majorité des trois-quarts, on croit réver) pour les francophones de pouvoir s'opposer à de nouvelles réformes. Un vrai marché de dupe, avec une corbeille vide du côté francophone.

Où est la cohérence, tant revendiquée par Mevrouw Nee? Il me semble que nous allons avoir droit à de grandes circonvolutions oratoires, à grands renforts de gestes congruents (incroyable ce formatage communicationnel des mandataires CDh)?

Il est évident que la stratégie du "non à tout" était intenable.

Il était possible dans le cadre de l'orange bleue, de préserver l'essentiel (la solidarité interpersonnelle) en disant oui à certaines réformes et en acceptant certains transferts de compétences.

Du moment que leur financement est garanti, quel mal y a-t-il à responsabiliser le pouvoir régional et à mettre fin au chantage permanent qui se déroule au niveau fédéral?

Si nous voulons éviter le séparatisme, il faudra aussi se mettre d'accord sur le meilleur moyen institutionnel (la circonscription fédérale me semble pouvoir servir à cela) pour responsabiliser les politiques à vocation fédérale de part et d'autre de la frontière linguistique et interdire le populisme communautaire: dire "non" à tout ou prétendre que le transfert de compétence ne peut s'effectuer que dans un sens.

Je me réjouis de retrouver devant les écrans ma marionnette favorite (Jowelle), une bonne dose de fou-rire garantie?

06/01/2008

Le voeu des électeurs

Certains s'interrogent sur la possibilité de mettre en place une politique de centre droit en Belgique, suite à l'échec des négociations de l'orange bleue et également sur l'inexistence d'une majorité politique dans ce sens au niveau belge et plus encore francophone. 

Cette volonté des électeurs est pourtant parfaitement claire du côté flamand, en votant massivement pour le CD&V/N-VA et en désavouant le Spa, qui perd dans l'aventure plus de 300 000 voix: il a marqué son choix pour une politique au moins de centre droit.  Le risque existe clairement d'une radicalisation plus à droite encore et certainement plus séparatiste au niveau communautaire avec un vlaamse belang, qui se maintient, et une spectaculaire ascension de la liste De Decker.

Au sud, l'ambiguïté du CDh trouble le jeu politique.  Ils se sont clairement positionnés au centre pendant la campagne électorale, dans la foulée du succès de Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle française.  Puis la mise en cartel de ce parti avec le PS, avec lequel ils gouvernent à la région, a été révélée aux électeurs pendant la négociation de l'Orange bleue.

Combien d'électeurs CDh sont d'accord avec le silence de ce parti sur le décret Arena?  Combien sont d'accord avec ce scotchage au PS, combien se réjouissent de la nomination d'une figure de proue de la CSC (syndicat chrétien) et donc du Mouvement Ouvrier Chrétien au seul poste ministériel de ce gouvernement intérimaire?

Je crois que les électeurs CDh ne se rendaient pas compte du degré de connivence qui existait à la tête de ce parti avec la ligne directrice du PS.  La position centriste du CDh n'a existé que pendant la campagne électorale.  Pour moi, il s'agit d'une tromperie des électeurs et les prochaines échéances électorales confirmeront, selon moi, cette analyse.

La victoire du MR et les progrès d'écolo, confirment une tendance lourde de l'électorat francophone en faveur du changement notamment du point de vue de l'éthique politique, mais également face à l'échec de la politique socialiste en terme de redéploiement de l'économie wallonne et enfin face aux enjeux d'avenir posés par le renchérissement du coût des énergies fossiles et du déréglement climatique.

Aucune réponse cohérente et innovante n'est apportée sur ces thématiques par l'actuelle majorité CDh/PS ni à la communauté, ni dans les gouvernements régionaux francophones.  L'immobilisme du passé est total: impossible rénovation du PS (par exemple le cas Lizin, qui est simplement nié par les instances, le silence du CDh est quant à lui sur ces questions assourdissant), immobilisme dogmatique syndical tant du PS que du CDh, malgré quelques effets de manche de mandataires CDh, isolés.  (par exemple en matière de service minimum dans les transports), carence dans la gestion (la gestion du Ministre Daerden est pointée du doigt par la cour des comptes pour notre réseau autoroutier), émiettement voire parfois même absence d'utilisation des ressources du "plan marshal".  Le cartel PS/CDh communique beaucoup mais le plus souvent à contre-temps, sans cohérence et surtout sans efficacité.