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05/12/2008

Les négociations de l'accord inter-professionnel patinent

syndicat.jpgDans "Le Soir" de ce vendredi 5/12/2008, nous apprenons avec une stupéfaction, qui n'est pas feinte, que les syndicats entendent jouer un rôle largement plus politique.  Ils contestent au gouvernement le droit de choisir un modèle de société pour la Belgique.  "Pour Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, le problème actuel est aussi celui d'une vision de la société "Veut-on une société libérale ou une société régulée?  Nous défendons la seconde option." " Je ne me souviens pas d'avoir voté pour ce Monsieur Rolin aux dernières élections législatives, je n'ai pas voté non plus pour certains de ses prédécesseurs du monde syndical, qui ont choisi à l'heure de la prépension de se lancer en politique: ni pour Josly Piette, le précédent secrétaire général  de la CSC et très éphémère ministre de l'emploi CDH ou José Damilot.  Je n'ai pas plus voté pour Christiane Vienne ou pour François Martou, ancien président du MOC, qui ont quant à eux préféré le PS pour se lancer en politique.

Il me semble que Claude Rolin, tout comme sa collègue Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, anticipent leurs probables futures reconversions.  Ce n'est pas à des représentants syndicaux de choisir le modèle de société de notre pays mais aux politiques, élus de la nation et à eux seuls.  Car quelle est la nature du différent qui oppose ces représentants syndicaux à leurs homologues patronaux: ils ont dans l'idée que la revalorisation salariale en net et non en brut comme ils l'exigent, serait trop onéreuse pour le budget de l'état!!!  Incompréhensible, sont-ils en charge du budget de l'état fédéral?  Veulent-ils également négocier des accords gouvernementaux? Nos ministres élus fédéraux doivent-il se soumettre à la vision de l'état des représentants syndicaux?  Dans ce cas, il serait bon d'informer la population que désormais les élections fédérales sont moins importantes que le choix de leurs affiliations à un syndicat ou pas d'ailleurs.  Car autant le dire clairement, je ne me sens pas représenté par ces représentants syndicaux.

Je ne partage d'ailleurs pas non plus leurs raccourcis sur les conséquences d'une diminution des recettes fédérales, celles-ci ne se traduiront pas nécessairement par une diminution des prestations sociales.  Cette vision est d'un dogmatisme d'un autre siècle et même de celui qui précède celui qui vient de s'achever...  Les prestations sociales en Belgique sont parmi les plus généreuses au monde et sont en progression constante.  Défendre le budget de l'état, ce n'est pas défendre les prestations sociales.  Il existe de multiples manières de réduire les dépenses de l'état sans toucher aux prestations sociales. Il s'agit pour les syndicats de défendre les inefficiences d'une administration publique pléthorique, qui est régulièrement confrontée à des taux de satisfaction de la part de ses usagers...indignes!!!  Traquer les dépenses et travaux inutiles par exemple, informatiser les administrations et ainsi améliorer la productivité des agents de l'état, les gisements d'économie sont innombrables mais se heurtent à la volonté des tout-puissants, bien que non élus, représentants syndicaux, qui préfèrent agiter le spectre de la diminution des prestations sociales pour interdire toute réforme de l'administration, même si il s'agit de la volonté clairement exprimée par la population à l'occasion des rendez-vous électoraux.

29/11/2008

Marino Keulen et l’évolution de la situation politique au Nord

Marino keulen.jpgEn choisissant cette semaine de refuser la nomination des 3 bourgmestres de la périphérie, Marino Keulen, Ministre flamand des affaires intérieures, replace la difficile problématique bruxelloise sur la table des négociations.  Il l'aurait fait contre l'avis du Ministre-président Peeters, même si celui-ci  n'a pas désavoué par la suite cette décision.  Le risque de passer pour un mauvais flamand est toujours pris très au sérieux au nord. Très éclipsé par la crise financière et la crise économique qui s’annonce, les négociateurs des réformes institutionnelles travaillaient jusqu'alors dans une relative sérénité et en tout cas dans la discrétion indispensable pour engranger des progrès et conclure des accords. De son côté, soumis à l’urgence des enjeux, le gouvernement gouvernait et semblait trouver dans cette crise une nouvelle légitimité.

 

Il n’est peut-être pas sans importance de préciser que Marino Keulen est Open Vld et que ce parti connaît ces derniers temps une grande instabilité. Karel De Gucht est très déstabilisé par les opérations boursières de sa belle famille mais aussi par sa mise hors-jeu en République Démocratique du Congo et plus généralement en Afrique. Cela fait quand même désordre pour un ministre des affaires étrangères.  Il semblerait d’ailleurs souhaiter prendre la place de Louis Michel comme commissaire européen. Guy Verhofstadt est réapparu cette semaine, pour la petite histoire avec des cheveux plus longs et de nouvelles lunettes. Il ne semble pas avoir perdu de son allant durant sa retraite forcée, bien au contraire, il semble avoir plutôt repris des forces d’autant qu’il jouit aujourd’hui d’une crédibilité renouvelée. Plus personne ne croit au « Vijf minuten politieke moed » et le «Wie geloof deze mensen nog ? », qui lui avait fait tant de torts…s’est aujourd’hui retourné contre ses auteurs. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas été remplacé dans le cœur des libéraux flamands ni par Patrick Dewael ni d’ailleurs par Bart Somers, l’actuel président de l’ Open Vld. Il est de nouveau l’homme le plus populaire de flandre.

 

Verhofstadtnew.jpg

 

L’agitation au nord du pays et à l’Open Vld semble pourtant avoir une autre source. Le gouvernement Leterme depuis la fin du cartel CD&V/N-VA ne dispose plus d’une majorité parmi les députés fédéraux flamands. Les échecs successifs d’Yves Leterme pour la formation d’un gouvernement et dans la négociation institutionnelle ont, chacun le sait, largement entamé son capital sympathie au Nord. L’affaiblissement du Vlaamse Belang, du fait de la montée de la liste Dedecker mais aussi en raison d’importantes dissensions internes, la fin du cartel CD&V/N-VA et la marginalisation de la N-VA, la poursuite de l’affaiblissement du Spa avec le départ de sa frange nationaliste, l’ex Spirit et le nouveau Vlaamse Progressief (qui a quand même réussi à scinder la fédération de football amateur), ont considérablement modifié le paysage politique au Nord et les rapports de force entre les formations politiques depuis les dernières élections.

 

C’est l’évidence que ces bouleversements influeront sur les comportements au sein du gouvernement Leterme I et particulièrement sur celui de l’ Open Vld, qui est la formation politique au sein de celui-ci, qui pourrait le plus profiter d’un retour aux urnes anticipé. A six mois des élections régionales, il pourrait devenir de plus en plus tentant pour certains d’empêcher Leterme et plus encore Kris Peeters, qui ménera les troupes CD&V pour ce scrutin,  d’engranger des avancées sur les questions communautaires. Le risque existe également qu’un partenaire de cette coalition hétéroclite décide même de dynamiter ce gouvernement. Vu l’environnement de crise, il est impossible de manœuvrer à découvert. Replacer BHV et les questions bruxelloises sur la table des négociations alors que chacun sait qu’aucun compromis sur ces questions ne pourra être obtenu en période électorale, peut certainement être perçu comme une manière subtile de convoquer la Belgique à un rendez-vous électoral décisif en Juin 2009.

 

Une nouvelle partie de valet noir semble avoir débuté en Flandre et pendant ce temps là,  des accords inter-professionnels se négocient, l'économie saigne et la population angoisse.

 

26/11/2008

Anne-Marie Lizin n’aime pas la démocratie

anne marie.jpgAprès son refus d’admettre les résultats de la consultation populaire sur son projet immobilier des Récollets, elle avait prétendu alors représenter la volonté de ceux qui n’avaient pas jugé utile de participer à cette consultation puisque ceux qui y avaient participé, avaient refusé avec une confortable majorité son projet.

 

Ce lundi, nous avons pu à nouveau constater à quel point elle avait une conception étrange de la démocratie. Mise en difficulté en raison de sa gestion désastreuse du CHRH (l’hôpital de Huy), par ailleurs en grande difficulté financière, elle en appelle aujourd’hui à un retour aux urnes qui lui redonnerait, pense-t-elle, à nouveau une majorité absolue et ainsi la possibilité de reprendre sans plus de contestation ses anciennes pratiques.

 

La démocratie, c’est pourtant le mode de gouvernement qui prévoit un contrôle des exécutifs par soit un conseil communal, soit un parlement. La substance d’une gouvernance publique démocratique, c’est qu’elle permette le débat, que ceux-ci soient publics et même que parfois certaines remarques, idées ou suggestions formulées par une opposition soient prises en compte. Cela ne plait pas à Huy, comme cela ne plaisait pas à Charleroi.

 

Plus fondamentalement encore, il est de plus en plus évident qu’il est illusoire d’espérer que le parti socialiste wallon s’auto-régule comme il était illusoire de penser à une auto-régulation des marchés financiers. En tout cas, chaque victoire électorale et surtout celles qui leur donnent une majorité absolue, semble être vécue par certains mandataires socialistes comme une autorisation à poursuivre sans contrôle et sans débat leur emprise absolue sur tous les rouages de la puissance publique en Wallonie.

 

Une rénovation des pratiques et des mœurs au PS, semble donc impossible tant que celui-ci ne connaîtra pas de désaveu électoral, tant qu’il ne perdra pas le leadership wallon. Même en admettant que le président du PS désire sincèrement rénover le parti dont il a la charge, comment pourrait-il le faire si cette rénovation implique que son parti se prive de ses plus importants pourvoyeurs de voix, qui détiennent aussi souvent une majorité absolue localement?  Il accepterait dès lors le risque d’une défaite électorale, dont il porterait, comme président, aussi la responsabilité devant les militants de son parti. Les tergiversations de la fédération liégeoise du PS, quant à la constitution des listes électorales, illustrent parfaitement ce phénomène…les atermoiements du Ministre Courard, également.

 

L’ambition du MR de s’emparer du leadership politique en Wallonie doit également être analysée en fonction de ces paramètres, il ne s’agit pas d’arrogance…plutôt la conscience de ses immenses responsabilités pour le devenir de notre région.