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29/12/2008

Herman Van Rompuy, futur premier ministre

Herman Van Rompuy.jpgEn vacance de Noël à la montagne, je n'ai pas pu vous commenter les derniers rebondissements de l'actualité politique belge.  Démission de Joe Vandeurzen et de Leterme sur une accusation d'immixtion du pouvoir exécutif dans les prérogatives du pouvoir judiciaire (ce qui est parfaitement inacceptable pour un démocrate), désignation de Wilfried Maertens comme "éclaireur" royal, et ce dimanche la désignation à son corps défendant d' Herman Van Rompuy comme formateur d'un prochain gouvernement!!!  L'actualité politique a été plus que mouvementée pendant ces congés.

Et pourtant, rien ne change...  Le CD&V n'en finit pas de se remettre de la fin de son cartel avec les nationalistes de la N-VA et est obligé de faire appel à tous ceux que la nouvelle génération politique défaillante avait mis prématurément au rebut.  Cet échec de la nouvelle génération politique du CD&V, est avant tout l'échec des tentations simplistes et populistes.  Ces dernières permettent parfois de gagner des élections mais elles compliquent singulièrement la tâche lorsqu'il s'agit de gouverner.

La politique est une activité complexe qui nécessite de la mesure, de la prudence et de l'intelligence.  Ce sont sans doute ces qualités qui ont valu à Herman Van Rompuy d'être mis sur la touche, il y a quelques années, et qui lui valent aujourd'hui ce retour.

13/12/2008

Le sauvetage de Fortis annulé

fortis_106434a.jpgCe vendredi, la cours d'appel de Bruxelles, vient de rendre un arrêt annulant les opérations de sauvetage de Fortis entreprises par le gouvernement.  Le formalisme du droit des sociétés n'aurait pas été respecté à cette occasion et notamment les droits des actionnaires à s'exprimer à l'occasion d'une AG sur ces opérations.

Quelles sont les motivations de ceux qui ont entrepris cette action?  On a beaucoup dit que le gouvernement avait soldé les actifs de Fortis à la France et à BNP à vil prix, que le gouvernement aurait du agir dans le cas de Fortis comme il l'avait fait pour Dexia, que le gouvernement avait tiré profit de cette opération, en empochant une importante plus-value au passage sur le dos des actionnaires.  On a même pu lire les pires horreurs sur les membres du gouvernement qui ont procédé à ces opérations.

Bien sûr, des cabinets d'avocats, des associations de défense des actionnaires minoritaires voire même des consommateurs -sic-, ont mobilisé et fédéré les intérêts de nombreux petits porteurs Fortis en colère.  Ce seront pourtant sans doute les seuls bénéficiaires de ces actions car quoiqu'il advienne leurs plantureux honoraires à eux seront provisionnés.

Un dur retour à la réalité pour ces actionnaires, menace.  Car depuis l'entame de ces procédures, quelques événements se sont produits qui mériteraient d'être portés à leur attention:

  • Tout d'abord, la crise financière a largement empiré.  Fortis n'était que l'une des premières victimes du bain de sang qui a suivi.  Aujourd'hui, pratiquement toutes les institutions financières de la planète sont en grandes difficultés et bon nombre d'entre-elles ont du recourir à une intervention de l'état, y compris BNP Paribas, l'acheteur soi-disant privilégié des actifs de Fortis.  L'état belge, que certains soupçonnent d'avoir réalisé une trop bonne opération -sic- au détriment des actionnaires, a souscrit à des actions BNP à un cours de 65€/action, elles ne valent plus aujourd'hui que 43 €/action, soit une perte de valeur de 33% sur quelques semaines.  Qui peut dire aujourd'hui où s'arrêtera la chute?  Combien de temps faudra-t-il avant que l'état belge puisse acter une plus-value sur ces participations et répartir les très virtuels bénéfices de celles-ci aux actionnaires bénéficiaires du coupon 42, objet de tant de convoitises?
  • On a beaucoup parlé de sous-évaluation des actifs de Fortis (portefeuille immobilier, portefeuille d'assurance, etc.).  La situation a également beaucoup évolué à la baisse et surtout où sont aujourd'hui les candidats-acheteurs, disposant de suffisament de liquidités, pour ces actifs?
  • Depuis ces opérations sur Fortis, nous avons également assisté à la faillite non-plus de banques mais d'états, qui ne peuvent dès lors assumer leur rôle de prêteurs de dernier ressort... l'Islande par exemple.   Les malheureux clients de Kaupthing sont au courant. Les ressources de l'état belge, dont on connait le niveau d'endettement, peuvent sembler illimitées aux actionnaires de Fortis et à leurs avocats, qui comparent souvent les opérations Fortis avec celles de banques comme Ethias ou Dexia, en oubliant que les actionnaires de ces banques ont activement contribué à ces  sauvetages en prenant part aux nécessaires opérations d'augmentation de capital.  Les actionnaires actuels de Fortis sont-ils prêts aujourd'hui à souscrire à une substantielle augmentation de capital pour sauver la banque dont ils sont actionnaires?

Ce qui me semble certain, c'est que la fable inventée par certains bureaux d'avocats, laissant présager des jours radieux aux petits actionnaires de Fortis, ne se réalisera pas.  Le premier jugement intervenu sur ces questions, tenait largement compte de ces considérations déterminantes.  Dire le droit est certes important et il est hors de question pour un démocrate de mettre en cause l'indépendance de la justice.  Il est permis cependant de s'interroger sur le but poursuivi par ces associations d'actionnaires:  annuler la vente à BNP fait courir un risque important aux clients, au personnel de cette banque et plus généralement à l'ensemble des citoyens belges.  Le "run on the bank" qui a justifié l'intervention du gouvernement, pourrait tout aussi bien reprendre et justifier des décisions gouvernementales plus radicales encore demain.

Les chances que ces actionnaires sortent gagnants de cette procédure, me semblent quant à elles très limitées.  Certes, Fortis est une entreprise systémique...dont la faillite pure et simple est improbable.  Croire pour cette raison que l'état belge sera obligé de faire passer les intérêts des actionnaires avant ceux de tous les autres, est une vraie erreur.  Certains investisseurs, qui ont investi après la première intervention de l'état, ont parié en connaissance de cause sur ce postulat...c'était un pari risqué, une spéculation.  Cela le reste plus que jamais aujourd'hui.

11/12/2008

Rififfi à la communauté française

Difficile de gérer les bourdes de l'éphémère Ministre-Présidente Arena.  Pressée d'agir pour faire oublier son histoire de douche, elle sort dans la précipitation un décret, sensé régler le problème de mixité sociale dans le secondaire.  Au moins, cela donne au public l'illusion de l'action  même si la mixité sociale ne se décrète, bien sûr, pas et qu'il serait bien plus intelligent de relever le niveau des écoles dans lesquelles on ne se précipite pas, plutôt que d'obliger celles où on se précipite d'accepter de force certains élèves plutôt que d'autres.  Mais l'agitation donne l'illusion de l'action et après tout, les parents d'élèves du libre, ce n'est pas vraiment un électorat PS et d'ailleurs Milquet est d'accord, c'est dans l'accord de gouvernement!!!  :-)

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Evidement donner un goût de la vie de SDF aux bobos de Uccle ou de Rhode, pendant quelques nuits ça fait un bon sujet pour les JT du soir.  En plus, ils ne sont pas contents les bougres et ils ne se privent pas de le faire savoir en interviews, dans les débats dominicaux et au travers de réseaux associatifs très actifs.  En plus, ils passent bien, ils sont plutôt articulés...ce ne sont pas d'immondes crapules pleines de fric mais de braves gens qui se soucient surtout de l'avenir de leurs enfants.  Ouille, on évacue Arena, la protégée présidentielle, au gouvernement fédéral et voilà le brave Dupont, qui n'avait rien demandé, aux écuries à ramasser les m...  Jowelle ne pipe toujours pas mot,  d'ailleurs...elle trouve toujours que c'est une bonne idée et fait monter ses amis syndiqués au créneau sur les plateaux télés pour défendre la mixité sociale, le VRAI problème de l'enseignement francophone.  :-)

Dupont cherche une porte de sortie, mais il n'y en a guère!!!  Plutôt qu'une honteuse abrogation, va pour le tirage au sort, après tout ainsi tout le monde sera logé à la même enseigne.  Ah les dogmes des idéologues du PS!!!  Sauf que voilà, c'est encore pire que de les faire loger dehors.  Maintenant on en a plein nos télés, de reportages franchement émouvants de parents désemparés et aussi d'élèves en pleurs de ne pas pouvoir rejoindre leurs copains l'année prochaine dans le supérieur.  Branle-bas de combat chez Milquet, qui sent que son avenir électoral est en train de se jouer et que dans le gouvernement communautaire, c'est surtout elle qui va y laisser des plumes.  Ben oui, dans les parents d'élèves des bonnes écoles du réseau libre, y en a encore quelques-uns qui croyaient bien faire en votant cdH.

Ce matin, elle décide de flinguer le décret de Dupont dans le journal vespéral du matin.  C'est pas elle, c'est le conseil d'état qui l'a obligé...  Elle, elle voulait pas...méchant conseil d'état!!!  Mais, c'est sans polémique...on s'en doute.  LOL L'entente reste parfaite au gouvernement.  D'ailleurs, Dupont retire mais ce n'est pas si simple...  Plus personne ne sait aujourd'hui, s'il est inscrit et où???  Voilà nos têtes blondes et leurs parents, bien désemparés...y en a même qui veulent plus y aller à l'école, tellement ils sont chamboulés.  Tout ça en plein milieu de la session d'examens de Noël!!!   Bravo!!!

Devant un tel chaos, Pierre-Yves Jeholet, porte-parole du MR, ose suggérer à Dupont de démissionner, promet que si nous sommes élus, il ne sera plus question de ce décret et ose avouer qu'il s'agira d'une thématique de la prochaine campagne électorale...  Ben oui, l'enseignement!!!  C'est quand même un sujet important quand il faut élire le gouvernement de la communauté française, enfin je crois...  non???  Houlà, mais c'est bien sûr.  A l'état major du PS, on a trouvé le coupable, le responsable.  Il était caché là à espérer le pire, à ourdir le complot, à semer la zizanie dans un gouvernement qui travaillait si dur et dans une si bonne ambiance.  Méchant MR!!!  Y a pas pire qu'eux!!!

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Et si on se disait en juin prochain, que ce serait une bonne idée de mettre plutôt le goût de l'effort et de l'excellence au centre du débat.  Si on décidait que si la mixité ne se décrète pas, elle poserait sans doute moins de problèmes si on ne laissait pas l'enseignement dans certaines écoles se dégrader à ce point.  On pourrait aussi trouver que ce n'est pas une bonne idée d'envoyer dans les écoles à problèmes, des jeunes enseignants sans expérience au sortir de l'école et plutôt  d'y attirer et de sélectionner pour ces postes des professionnels d'expérience, qui ont les qualités pour y réussir.  Et si on se décidait enfin à faire des filières techniques et professionnelles autre chose que des filières de relégation pour ceux qui n'ont pas réussi dans le général et si par un investissement massif dans celles-ci en coordination avec les professionnels du secteur, ces écoles offraient enfin des formations qualifiantes et séduisantes pour le marché de l'emploi.