Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

12/03/2008

Le wooncode désapprouvé par l'ONU

Marino Keulen ne comprend pas la désapprobation de l'ONU par rapport à son "wooncode", l'obligation pour les candidats à l'obtention d'un logement d'apprendre le néerlandais.  D'après lui, cette mesure serait avant tout sociale.  Si je ne conteste pas l'intérêt d'apprendre une de nos langues nationales pour toute personne désireuse de s'installer durablement en Belgique, il me semble inapproprié d'en faire une condition d'octroi pour bénéficier d'une mesure sociale, qui laisse par ailleurs un trop large pouvoir d'appréciation de la "motivation" à apprendre une langue à des fonctionnaires dont ce n'est pas la fonction.  Pour Marino Keulen, l'ONU ne comprendrait pas le caractère social de la mesure, il n'entend pas céder malgré le prestige de l'institution émettant cet avis.  

Il est pourtant certain que certaines "évidences" pour la classe nationaliste flamande, qui gangrène aujourd'hui l'ensemble des partis politiques flamands, ne passe pas la rampe de la communauté internationale. Aujourd'hui, le Wooncode, hier la non-ratification par la Flandres de la législation européenne sur la protection des minorités linguistiques et demain peut-être et certainement en cas de séparation de ce pays: le refus d'organiser un référendum sur l'appartenance communautaire pour fixer une éventuelle frontière d'état.

L'absence de solutions à ces problèmes démontre l'idéalisme du nationalisme flamingant...et surtout son manque de réalisme. Je ne crois pas qu'ils appréhendent correctement le degré de désapprobation de la communauté internationale par rapport à leur volonté de purification linguistique revancharde.

Personne hors Belgique ne peut comprendre des interdictions aussi ridicules et futiles que l'interdiction d'affichage dans une ou plusieurs langues dans les commerces, pour prendre un autre exemple.

Si ces séparatistes parviennent à leurs fins, cela sera sans Bruxelles et toutes les zones majoritairement peuplées de francophones. C'est en tout cas ainsi que l'ONU prévoit de régler les conflits territoriaux dans le cadre du droit à l'autodétermination des peuples.

Ces difficultés sont tout à fait occultées dans la communauté flamande tant la propagande et aussi le risque de se voir taxer de mauvais flamands par la minorité agissante flamingante, est forte. Les actions du Voorpost et du TAK sont un moyen de pression couramment utilisé.

En démocratie, avoir raison tout seul...c'est simplement avoir tort et négliger les avis des institutions internationales en charge de ces matières, c'est avoir un comportement autiste!!!

10/03/2008

Un rapprochement ecolo-mr

Les enjeux de développement durable sont de vrais enjeux qu'il convient de traiter avec tout le sérieux qu'ils méritent.

1. Certains écologistes estiment que ces problèmes, qui sont aussi le produit de notre système d'économie de marché, sont de nature à remettre en cause les fondements de celui-ci.

Je préfère croire qu'il vaudrait mieux ne pas se priver d'un système, qui a prouvé son efficacité et qui nous a, par exemple, permis de doubler notre espérance de vie en un siècle en améliorant considérablement la qualité de vie du plus grand nombre...

2. La plupart des écologistes estiment que c'est le rôle de l'état d'intervenir pour réguler le marché et y introduire par la contrainte (réglements, interdictions, contrôles, etc)une meilleure prise en compte des enjeux durables.

Je pense quant à moi qu'il est toujours de loin préférable de limiter au maximum les interventions de l'état et de faire confiance au libre arbitre rationnel des gens.

Dans le cas où ces incitations ne suffisaient pas (si les incitations par exemple par le biais de la fiscalité ou par une meilleure information sur la nature des enjeux et sur la réalité du marché étaient inopérantes), l'état pourrait être amené à intervenir alors de manière contraignante. La main invisible ne peut non plus être érigée en dogme absolu. Force doit rester au politique dans une démocratie, et il est dans son rôle lorsqu'il vise à promouvoir une croissance durable et qu'il intervient dans cet objectif. Comme il est également dans son rôle lorsqu'il intervient dans les matières sociales. Cela doit se faire a minima.

3. La gestion de l'environnement ne peut s'abstraire de considérations socio-économiques...on ne peut justifier des catastrophes économiques ici et maintenant même si le but est positif sur le long terme. Par exemple en matière nucléaire, il serait absurde de vouloir se priver de cette source d'énergie ou pire de ne pas s'en priver mais de laisser d'autres nous la fournir. Les comportements de belles âmes ne sont pas de mises, la politique est bien l'art du possible. Le dogmatisme n'y a pas de place.

4. Dans le même ordre d'idée, les apologies de la décroissance à tout prix me semblent dangereuses et imbéciles...Car la décroissance signifie avant tout plus de chômage, moins de possibilités de préserver notre qualité de vie (sécurité sociale, soins de santé, etc), en un mot plus de misère...

Je pense que s'il faut préserver la croissance, qui rime avec prospérité, il faut aussi réorienter celle-ci de manière à la rendre compatible avec des objectifs durables. C'est le rôle du politique de réintroduire de la durée dans les processus économiques et il faut prendre conscience que les acteurs économiques ou le marché sont parfaitement incapables de cette démarche par eux-même.

L'horizon des entreprises dépasse rarement la prochaine annonce de résultats semestriels. Il est à noter que le pouvoir ultime n'a jamais été détenu dans l'histoire de l'humanité par des financiers... Ceux-ci ont toujours été soumis soit à des politiques (démocratiques ou non), à des guerriers, à des philosophes ou à des religieux.

L'avenir de l'humanité n'a jamais été le fait de gens dont l'unique moteur était d'ordre financier comme il semble l'être aujourd'hui...Je crois même que c'est incompatible.

Si des nuances existent bel et bien entre écologistes et libéraux, ils me semblent qu'une collaboration est parfaitement envisageable. D'autant que tous deux sont prêts à réformer en profondeur la société et qu'aucun ne tire avantage (sans revenir sur les affaires récentes) de la situation actuelle. Les conservateurs de ce pays ont bien formé un cartel...LOL