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28/01/2008

Carte blanche en réponse à Marco Van Hees : Où trouver l’argent pour le pouvoir d’achat ?

Dans sa carte blanche de ce vendredi 25 janvier, Marco Van Hees, nous livre sa vision pour restaurer le pouvoir d’achat des belges. Réhabilitant le slogan qui a longtemps été celui du PTB « Allons chercher l’argent là où il se trouve…à la société générale », il nous propose aujourd’hui de mettre en place un impôt sur la fortune, de taxer les plus-values sur actions et enfin de supprimer les intérêts notionnels.

Examinons ces propositions :

1. Un impôt sur la fortune : Outre qu’il nous avoue que celui-ci existe déjà sous la forme du précompte immobilier, il regrette que l’état ne puisse imposer les plus riches. En France, un impôt sur les grandes fortunes (ISF) existe en effet. Le gouvernement Sarkozy a choisi de limiter à maximum 50% : l’impôt sur les revenus. S’agit-il d’un cadeau fait aux plus riches par un gouvernement de droite ? Je crois plutôt qu’il s’agit d’en limiter les effets pervers : de plus en plus de « riches » avaient choisi de s’établir ailleurs pour ne pas le payer. N’est-il pas préférable de garder chez soi ses forces vives, ses moteurs de l’activité économique et ses meilleurs artistes et sportifs, plutôt que de les voir s’enfuir sous des cieux plus cléments fiscalement, privant ainsi l’état de ses plus importants contributeurs. Une fois expatriés, ceux-ci ne payent plus du tout d’impôts sur leurs revenus et dépensent aussi leur argent ailleurs, privant également l’état de TVA sur leur consommation. Le bilan économique de cet ISF, est d’ailleurs très marginal par rapport au budget de l’état, il est très difficile à percevoir (les vérifications qui y sont liées, mobilisent un nombre considérable de fonctionnaires), il induit une évasion fiscale massive des plus importants contribuables et enfin est-il juste que quiconque travaille plus d’un jour sur deux pour payer ses impôts ?
2. Taxer les revenus mobiliers : Monsieur Van Hees s’indigne que rien ne soit prévu pour les plus-values réalisées sur les actions. Ne s’agit-il pas pourtant de la rémunération d’un risque ? Chacun sait qu’investir en actions sur les marchés boursiers est une opération risquée : la bourse peut monter comme chuter. Une entreprise peut réaliser des bénéfices mais elle peut aussi faire faillite. Vouloir taxer ces plus values, n’est-ce pas s’assurer que ces capitaux s’investiront ailleurs, privant les entreprises cotées d’une source importante de financement pour leur croissance. Serait-il équitable de taxer les seules plus-values sur actions, qui créent de l’emploi et du travail, et non les plus values immobilières ou sur les œuvres d’art ?
3. Enfin Monsieur Van Hees souhaite supprimer le système des intérêts notionnels, qui permettent aux entreprises (petites ou importantes) d’immuniser partiellement de taxes les investissements effectués pour se développer. Ce système a notamment permis à l’état belge d’attirer des investissements notamment étrangers de 72 milliards de $, faisant de notre pays le quatrième état le plus important en valeur absolue en terme d’investissements au monde en 2007, devant la Chine par exemple. A l’heure, où il est tellement question de redéployer l’économie wallonne, pouvons-nous nous priver de tels investissements ?

Les recettes de Monsieur Van Hees pour revaloriser le pouvoir d’achat me semblent méconnaître les principes de l’économie de marché, qui est pourtant aujourd’hui généralisée partout dans le monde. Pour attirer des capitaux qui financent les entreprises, créer de l’emploi et développer l’économie, il faut diminuer la fiscalité et particulièrement celle qui concerne les investissements. Dans ce domaine, la région wallonne est en concurrence avec d’autres régions dans le monde et en Europe. L’impôt des sociétés est en Belgique de 34% des bénéfices. En Irlande, qui connaît désormais le plein emploi, cet impôt n’est que de 10%. « La Belgique est un des Etats au monde dans lequel les entreprises sont le plus taxées », révèle un rapport intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale, PriceWaterhouseCoopers et l’International Finance Corporation. Au niveau de la pression fiscale, notre pays figure ainsi au 154ème rang sur un panel de 178 pays étudiés.

Lors d’un congrès récent, Monsieur Di Rupo reprenait les suggestions de Monsieur Van Hees concernant les intérêts notionnels mais regrettaient dans le même élan que la Belgique soit une économie de rentiers (sic). Comment mieux susciter les investissements qu’en leur accordant un tarif fiscal préférentiel ? Au niveau de dette publique, qui est le notre en Belgique, comment mieux stimuler la création d’emplois qu’en favorisant les investissements dans les entreprises ? Et si nous connaissions un taux de chômage résiduel de moins de 5% de la population comme en Irlande, en Flandres et dans d’autres régions en Europe, ne serait-il pas possible alors de donner à ces malheureux le nécessaire ?

Commentaires

Mr Van Hees,

Il est trop facile de vouloir toujours décourager ceux qui ont eu la capacité de réussir leur activité, de grandir pas à pas avec leurs propres capitaux et par après vouloir toujours les envier, car d'autres n'osent jamais prendre aucun risque.
Que dire alors, des capitaux qui partent à l'heure actuelle via Western Union hors Europe ???
Pas de contrôle, ni à l'entrée, ni à la sortie.
Vouloir encore décourager les investisseurs potentiels en Belgique par un impôt sur fortune,la réaction sera Bye Bye Belgique et bonjour les autres pays avec une fiscalité moins lourde ou parfois néant.
Pour augmenter le pouvoir d'achat dans l'immédiat : il faut très rapidement réduire le taux de TVA de 21% à 6% pour l'énergie= produit de première nécessité tout comme l'eau.
Uniquement pour les ménages (citoyens), car les entreprises récupérent déjà la TVA les 21%
Indirectement, cela permet au citoyen de déjà retrouver un peu plus de moyen pour l'alimentation.

Kopat

Écrit par : KOPAT | 08/02/2008

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