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07/01/2008

Moureau: poisson pilote du cartel?

Madame Milquet ne voulait pas entendre parler de réforme de l'état. Selon elle, il était important de faire revenir le PS à la table des négociations pour mieux pouvoir dire "non". LOL

Aujourd'hui, nous devons constater que ce n'est pas ce qui se prépare...bien au contraire, ca va plutôt être un "oui" enthousiaste. Le PS semble déterminé à tout brader pour se maintenir au pouvoir (c'est d'ailleurs bien ce qu'escomptait le cartel CD&V/NVA, qui avant le scrutin... il misait lui aussi sur une rouge romaine singulièrement affaiblie comme partenaire francophone) contre un ultime (LOL)renforcement des "garanties" institutionelles (une majorité des trois-quarts, on croit réver) pour les francophones de pouvoir s'opposer à de nouvelles réformes. Un vrai marché de dupe, avec une corbeille vide du côté francophone.

Où est la cohérence, tant revendiquée par Mevrouw Nee? Il me semble que nous allons avoir droit à de grandes circonvolutions oratoires, à grands renforts de gestes congruents (incroyable ce formatage communicationnel des mandataires CDh)?

Il est évident que la stratégie du "non à tout" était intenable.

Il était possible dans le cadre de l'orange bleue, de préserver l'essentiel (la solidarité interpersonnelle) en disant oui à certaines réformes et en acceptant certains transferts de compétences.

Du moment que leur financement est garanti, quel mal y a-t-il à responsabiliser le pouvoir régional et à mettre fin au chantage permanent qui se déroule au niveau fédéral?

Si nous voulons éviter le séparatisme, il faudra aussi se mettre d'accord sur le meilleur moyen institutionnel (la circonscription fédérale me semble pouvoir servir à cela) pour responsabiliser les politiques à vocation fédérale de part et d'autre de la frontière linguistique et interdire le populisme communautaire: dire "non" à tout ou prétendre que le transfert de compétence ne peut s'effectuer que dans un sens.

Je me réjouis de retrouver devant les écrans ma marionnette favorite (Jowelle), une bonne dose de fou-rire garantie?

Commentaires

Bien dit. Il est évident que le CDH a tout raté, par révérence envers le grand frère. Maintenant on a un gouvernement de bâton de chaise et l'institutionnel n'est toujours pas évacué. Bravo le CDH!

Écrit par : NL | 07/01/2008

Votre raisonnement est tout à fait pertinent...

A ceci près que le premier a avoir dit avant le 10 juin qu'il n'y aurait pas de réforeme institutionnelle était monsieur Reynders. C'est aussi me semble-t-il le premier (et c'est normal vu son rôle de principal parti de Wallonie) à avoir accepté une nouvelle réforme de l'Etat.

Dès lors que le cdH réclame le respect de vraies majorités légales (2/3) n'apparait pas contraire aux voeux du nouveau leadership wallon...

De la part d'un libéral, reprocher à madame Milquet d'être à gauche est paradoxal... si elle avait été à droite, elle serait comme son ancien patron,(et nombre de dissidents PSC...) au MR.

Que cela ennuie le MR parce que dans un scrutin proportionnel une alliance avec le CDH ou ECOLO en 2009 sera pour lui incontournable est un nouveau débat.

Écrit par : markson | 07/01/2008

Désolé, mais Philippe Moureau est au PS, je ne vois donc pas pourquoi vous le soupconner de travailler pour le cdenv et la nva...
pouvez vous expliquer votre raisonnement au lecteur moyen qui est en dessous de vos subtilités intellectuelles.

merci de nous dire aussi pourquoi vous mettez LOL dans chaque paragraphe ?

Écrit par : will | 07/01/2008

Euh, Reynders a dit que les francophones n'étaient pas demandeurs mais pas qu'il n'y aurait pas de réformes! De même, ce n'est pas ce PS maintenant dans le gvt qui a clamé haut et fort qu'il ne jouerait pas à la roue de secours de l'orange bleue?

Écrit par : NL | 07/01/2008

@ Markson: personne ne reproche au CDh d'être à gauche (le MR a gouverné pendant 8 ans avec des socialistes), par contre je lui reproche de ne pas avoir assumé ce positionnement devant ses électeurs pendant la campagne électorale en jouant la carte centriste...ce qui est une tromperie et aussi de s'être scotché au PS au point de ne pouvoir envisager de monter dans un gouvernement sans lui...ce qui est une erreur.

@ will: Je n'ai rien reproché à Moureau dans ce post, il roule bien pour le PS, qui est prêt à tout pour être présent au gouvernement surtout après sa défaite électorale...y compris brader à bon compte les intérêts francophones.

LOL signifie laughing out loud= rire bruyamment il s'agit d'un acronyme très courant sur le net, qui indique que le fait me fait rire.

@NL: Effectivement le MR était bien d'accord avec les autres partis francophones, ils ne sont demandeurs de rien maintenant il était d'accord de négocier (c'est d'ailleurs le seul parti francophone à avoir adopté ce positionnement depuis le premier jour et même pendant la campagne électorale) puisqu'il apparait que sans réforme de l'état du côté flamand, il sera impossible de former un gouvernement. Négocier ne signifie pas se vendre, élargissement de Bruxelles, circonscription fédérale, transfert de compétences dans les deux sens y compris vers le fédéral par exemple prévention santé ou normes de bruits, refinancement de Bruxelles-capitale...etc... Philippe Moureau a l'air d'être beaucoup moins cher, alors que Madame Milquet prétendait vouloir faire revenir le PS pour mieux dire "NON à tout". Cela suscite mon hilarité. LOL

Écrit par : Philip Hermann | 07/01/2008

Vous savez, la notion de centrisme est très relative... êtes vous certain que le centre de la wallonie est au même point que le centre de la flandre ?

Le centre, la gauche ou la droite ne représentent pas en soi une valeur, c'est ce qu'avait en son temps fort bien compris votre compatriote liégeois François Perin.
Ce qui importe c'est d'avoir des idées cohérentes et de les défendre.

Ecolo est-il au centre ? pour certains, oui.
Pour d'autres il serait la gauche intellectuelle du cdH (cf sa position à LLN)...

Le MR est-il au centre ou à droite ? Louis Michel l'avait voulu plus au centre mais...

Ce qui est certain, c'est que si Didier Reynders continue à vouloir atomiser le cdH en le prétendant une fois scotché à l'un (cd&v) puis une autre fois à l'autre (PS), il ne met pas le MR dans la meilleure position pour 2009... à moins de faire 51% des voix...
Ou alors, il DOIT réussir a atomiser le cdH pour dualiser le paysage politique wallon.
Malheureusement
il n'a pas pu transformer les deux essais précédents,
il semble même que les sondages soient à présent plus favorables à Joelle Milquet et à son part qu'avant le 10 juin,
à quelques points prets, le MR, malgré l'alliance avec le FDF et le débauchage du MCC, semble stagner depuis plusieurs législatures
et sa principale augmentation de 2007 vient du Hainaut où il est possible de suspecter un effet Charleroi.

Pronostic 2009 : baisse des gros partis (MR, PS), augmentation des petits partis (Ecolo, cdH) et apparition d'une liste Dedekker...

Écrit par : markson | 07/01/2008

Je ne crois pas que cette dichotomie gauche-droite soit effectivement encore opérante depuis la chute du mur de berlin et surtout l'abandon des concepts marxistes de planification de l'économie et de nationalisation des moyens de production notamment.

Cette distinction est aujourd'hui instrumentalisée par la gauche dans une perspective manichéenne de la société, où les gentils sont forcément de gauche en lutte avec les méchants de droite. Il ne s'agit pour moi que d'une posture communicationnelle, simplificatrice et totalement inopérante dans l'actuel contexte politique. Un critère plus adéquat me semble être celui de la volonté de changement...Il évident que nous pouvons alors classer le PS et le CDh comme des partis conservateurs affichant une grande résistance à toute réforme de la société, y compris pour le CDh dans les domaines éthiques, et d'autre part des partis politiques réformateurs comme évidemment le MR et aussi Ecolo, notament du point de vue de l'éthique politique, de la multiculturalité ou des défis posés par le renchérissement de l'énergie ou la crise climatique. Par rapport à ces nouvelles problématiques, le dualisme gauche droite ne nous apprend rien et est totalement dépassé.

Concernant vos pronostics, il est évident que notre système électoral à la proportionnelle interdit à tout parti de gouverner seul (sauf cas aujourd'hui anecdotique comme la majorité absolue du parti catholique au lendemain de la question royale). Cependant je ne vous rejoins pas sur les conclusions que vous semblez tirer...le MR ne doit pas décrocher la majorité absolue pour être à la manoeuvre au niveau régional, il doit simplement conserver son leadership actuel et dès lors avoir l'initiative de rechercher une coalition au lendemain du scrutin. Cette perspective est loin d'être irréaliste et nous verrons alors ce qu'il restera des grands serments et autres accolades actuelles.

Il est évident que la cartelisation du monde politique francophone ne constitue pas une réelle menace et que si nous vivons encore dans un système démocratique, il sera tenu compte du scrutin électoral. Les gagnants des élections, partis en progrès, auront la main et ne pourront pas si facilement être rejetés dans l'opposition. Le PS en 2004, a connu une victoire historique, très éloigné des résultats du 10 juin et des derniers sondages...il lui sera très difficile de se maintenir à ce niveau (de mémoire 38% des électeurs, alors qu'il est aujourd'hui à 30%), le MR était à 23% en 2004, il est aujourd'hui à 31%...conserver cet électorat et aussi ce leadership est possible même si il est vrai que le phénomène De Decker est une menace. Ne surestimons toutefois pas les possibilités pour ce parti populiste mais surtout séparatiste-nationaliste flamand de s'imposer dans le paysage francophone...Chacun sait aujourd'hui combien le nord et le sud du pays sont différents.

C'est en tout cas mon analyse. ;-)

Écrit par : Philip Hermann | 08/01/2008

J'invite tant Markson que Philippe Hermann à se pencher sur le concept d'Analyse Stratégique de Michel Crozier.
La NVA est l'illustration parfaite de cette théorie qui dit -en gros- que le pouvoir appartient à celui qui détient le contrôle des incertitudes cruciales, celles dont dépend la survie du système.
C'est parce que cette théorie se vérifie que le MR et le CD&V n'ont pas pu se débarrasser du cdH...
C'est aussi ce qui fait que le parti le plus puissant en 2009 ne sera pas celui qui aura récolté le plus de voix, mais celui dont les quelques sièges seront nécessaires (au sens philosophique du terme, en opposition à accessoire...)... au gagnant.

Écrit par : PourquoiPas | 08/01/2008

Je connais un peu Crozier pour l'avoir un peu étudié, il y a longtemps, dans le cadre d'un cours de sociologie.

Il y aura deux enjeux aux élections de 2009: le premier concerne le parti qui sortira premier parti dans le monde francophone (il est d'ailleurs à noter que le résultat de la composante FDF du MR à Bruxelles sera également intéressante à analyser), l'autre enjeu concernera évidement les coalitions possibles, étant entendu que ni le PS, ni le MR n'aura la possibilité de gouverner seul. Le score respectif des Ecolos et des CDh permettront-ils à chacun de ceux-ci de faire l'appoint pour former une majorité ou à un seul et avec qui?

Nous pouvons imaginer le cas probable, au vu des résultats du 10 juin et des derniers sondages, où le MR sortira vainqueur de ces élections avec un score aux alentours de 30%, un PS avec un score un peu inférieur mais largement perdant par rapport à son score de 2004, dans ce cas les scores respectifs du CDh et d'écolo seront déterminants. Il est important de noter que le MR part de très bas par rapport à son score actuel, les élections de 2004 avait en effet marqué un recul sensible par rapport au scrutin de 2003 et par des dissensions internes aujourd'hui disparues, particulièrement à Bruxelles. Une progression significative par rapport à ces résultats parait dès lors assurée.

Je ne crois pas non plus à un regain du PS: justifier son retour ne pourra se faire que par des concessions du point de vue institutionnel et par une influence modérée sur les accords socio-économiques conclus par l'orange bleue. Le CDh ayant déjà très fortement balisé les possibilités pour lui de peser significativement, en n'usurpant pas sa réputation de "Mevrouw Nee". De plus, je ne crois pas à un sursis dans l'actualité judiciaire de ce parti. Comme précisé ailleurs, après le temps des inculpations viendra celui des condamnations et dans l'ambiance délétère qui règne actuellement entre "rénovateurs" et "parvenus"...d'autres révélations vont très certainement voir le jour spontanément.

Qui du CDh ou des Ecolos pourra permettre de faire l'appoint d'une majorité?

Je suis convaincu que le CDh perdra des plumes malgré sa récente progression, suite à cette cartélisation avec le PS. La récente popularité de sa présidente comme résistante à l'oppresseur flamand, va très rapidement s'effondrer maintenant que la véritable négociation de cette réforme de l'état va s'entamer. Le PS ne semble pas revenu à la table pour soutenir le "non" du CDh mais pour conclure des accords. Il me semble qu'elle devra alors se déjuger, et tant pis pour sa cohérence ou sa crédibilité. Elle n'est d'ailleurs plus vraiment indispensable puisque les ecolos, qui forment un groupe parlementaire avec Groen, semblent moins jusqu'au boutiste et que le Spa a déjà déclaré qu'il soutiendrait une réforme institutionnelle de l'extérieur (ne pas le faire, serait sans doute dommageable dans le désir de cette réforme est grand dans l'électorat flamand) et ce sans même compter De Decker et le Vlaamse Belang. Nous allons vers une minorisation des positions les plus radicales du côté flamand (N-VA) comme du côté francophone (CDh).

Plus fondamentalement côté francophone, nous avons vécu un véritable vote de rejet du PS au niveau fédéral lors du scrutin du 10 juin et aussi de l'état PS...le CDh en lui permettant de revenir, va très certainement déplaire à ceux de ses électeurs, en provenance du PS, qui ont voté CDh pour pénaliser leur ancien parti... cela vient de se révéler totalement inefficace et surtout à ceux de ses électeurs qui croyaient en la réalité de sa posture centriste et qui espéraient beaucoup en cette coalition orange bleue. La dénonciation de ce cartel de fait, sera sans doute un thème majeur et porteur de la prochaine campagne électorale. Je crois qu'il serait cependant temps de changer de thème pour l'instant alors qu'une négociation importante se prépare au niveau fédéral.

Ecolo, au vu du contexte actuel, va sans doute continuer sa progression et sa reconquète de son niveau électoral de 1999...d'autant qu'il sera le seul véritable parti d'opposition, qu'il pourra dès lors se positionner comme la véritable alternative aux préoccupés par les questions environnementales, aux déçus du cartel et aux électeurs qui par atavisme ne voteront sans doute jamais pour le MR, même si leur désir de changement est réel et important.

Enfin malgré Crozier, je ne crois ni à l'émergence d'un parti d'extrème droite à ce stade, il ne dispose d'aucune figure charismatique et connait d'importants désordres internes. Ni à une perçée d'une liste De Decker, beaucoup trop marquée comme flamande et séparatiste...pour même exister politiquement dans le paysage politique francophone. Même si cette dernière menace va sans doute permettre à l'aile la plus libérale du MR de faire entendre sa voix par rapport à la tendance actuelle, consistant à ouvrir ce parti vers le centre. Je soutiens fortement cette stratégie qui a permis de modifier le centre de gravité politique dans le monde francophone, toute radicalisation mettrait en danger ce résultat...ce qui limitera certainement l'effet décrit par Crozier, même si il existera.

Le contexte culturel et politique, dont il est crucial de tenir compte, ne permettent pas actuellement de céder à cette tentation. D'autant que des décennies d'années de domination des discours "socialisants", tant dans les médias que dans les rouages du pouvoir, ne permettent pas d'envisager avec réalisme des réformes par trop radicales sans blocage de la société. Par exemple, la limitation des allocations de chômage dans le temps, ne me semble possible et souhaitable que dans un contexte où le chômage n'est plus aussi structurel qu'en Wallonie et à Bruxelles sauf à souhaiter des catastrophes sociale ou plus probablement un simple transfert de la charge budgétaire vers d'autres postes et d'autres niveaux de pouvoir. Ce qui tempère singulièrement le "bon sens" de propositions telles que celles qui sont au programme du très populiste Jean-Marie De Decker. La plupart d'entre elles ne peuvent revendiquer ce titre que dans le contexte politique flamand.

Mais ceci n'est bien sûr que mon avis.

Écrit par : Philip Hermann | 09/01/2008

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