Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

06/01/2008

Le voeu des électeurs

Certains s'interrogent sur la possibilité de mettre en place une politique de centre droit en Belgique, suite à l'échec des négociations de l'orange bleue et également sur l'inexistence d'une majorité politique dans ce sens au niveau belge et plus encore francophone. 

Cette volonté des électeurs est pourtant parfaitement claire du côté flamand, en votant massivement pour le CD&V/N-VA et en désavouant le Spa, qui perd dans l'aventure plus de 300 000 voix: il a marqué son choix pour une politique au moins de centre droit.  Le risque existe clairement d'une radicalisation plus à droite encore et certainement plus séparatiste au niveau communautaire avec un vlaamse belang, qui se maintient, et une spectaculaire ascension de la liste De Decker.

Au sud, l'ambiguïté du CDh trouble le jeu politique.  Ils se sont clairement positionnés au centre pendant la campagne électorale, dans la foulée du succès de Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle française.  Puis la mise en cartel de ce parti avec le PS, avec lequel ils gouvernent à la région, a été révélée aux électeurs pendant la négociation de l'Orange bleue.

Combien d'électeurs CDh sont d'accord avec le silence de ce parti sur le décret Arena?  Combien sont d'accord avec ce scotchage au PS, combien se réjouissent de la nomination d'une figure de proue de la CSC (syndicat chrétien) et donc du Mouvement Ouvrier Chrétien au seul poste ministériel de ce gouvernement intérimaire?

Je crois que les électeurs CDh ne se rendaient pas compte du degré de connivence qui existait à la tête de ce parti avec la ligne directrice du PS.  La position centriste du CDh n'a existé que pendant la campagne électorale.  Pour moi, il s'agit d'une tromperie des électeurs et les prochaines échéances électorales confirmeront, selon moi, cette analyse.

La victoire du MR et les progrès d'écolo, confirment une tendance lourde de l'électorat francophone en faveur du changement notamment du point de vue de l'éthique politique, mais également face à l'échec de la politique socialiste en terme de redéploiement de l'économie wallonne et enfin face aux enjeux d'avenir posés par le renchérissement du coût des énergies fossiles et du déréglement climatique.

Aucune réponse cohérente et innovante n'est apportée sur ces thématiques par l'actuelle majorité CDh/PS ni à la communauté, ni dans les gouvernements régionaux francophones.  L'immobilisme du passé est total: impossible rénovation du PS (par exemple le cas Lizin, qui est simplement nié par les instances, le silence du CDh est quant à lui sur ces questions assourdissant), immobilisme dogmatique syndical tant du PS que du CDh, malgré quelques effets de manche de mandataires CDh, isolés.  (par exemple en matière de service minimum dans les transports), carence dans la gestion (la gestion du Ministre Daerden est pointée du doigt par la cour des comptes pour notre réseau autoroutier), émiettement voire parfois même absence d'utilisation des ressources du "plan marshal".  Le cartel PS/CDh communique beaucoup mais le plus souvent à contre-temps, sans cohérence et surtout sans efficacité.

Commentaires

1)Dire que c'est depuis le succès de François Bayrou que le CDH a pris une place au centre, vous ne ferez croire cela à personne.
2)C'est depuis l'échec de l'orange bleu et un certain "neen" que les politiciens francophones ont l'air beaucoup plus sur d'eux mêmes, voir par exemple la vidéo conférence sur la une de ce jour entre, Philippe Moureau Ps et Eric Van Rompuy CDNV et la tête de ce dernier lorsque Philippe Moureau lui a répondu d'accord l'on peut discuter de tout, y compris de l'élargisement de Bruxelles.
A contrario les néerlandophones apparaissent beaucoup moins sereins.
3)Si le CDH refuse d'encore aller au gouvernement, sans le Ps, c'est parce qu'il n'a senti aucun soutien du MR.
4)Le Ps n'a pas besoin du CDH dont ilest concurent pour récupéré très certainement une partie de leur électorat comme l'a fait le MR après que Daniel Ducarme ait oublié!!!! de payer ses impôts.
5)C'est Yve Letherme lui même qui a insisté pour avoir j.Piette dans le gouvernement. Il est de notoriété publique que Mme Milquet était de prime abord contre.
6)Comme l'a si bien dit Elio Di Rupo le curseur de l'électorat en Wallonie penche à gauche, ce que les néerlandophones ont très bien compris en invitant le Ps et prochainement sans doute Ecolo, qui a maintenant prouvé sa maturité au gouvernement Bruxellois.

Écrit par : Neuville Robert | 06/01/2008

1. Le CDh n'est plus un parti centriste depuis les départs consécutifs de Gérard Deprez et de Richard Fourneau... C'est un fait. Le CDh de Madame Milquet n'a survécu que grâce au soutien inconditionnel du MOC à sa présidente, qui doit solder l'ardoise. Le scotchage de son parti au PS, où sévissent d'ailleurs d'anciens cadres du MOC (Christiane Vienne, François Martou, par exemple), est très illustratif du phénomène, qui date d'avant le scrutin de ce 10 juin, certainement depuis l'accord de majorité conclu avec le PS en 2004. Le CDh a bien illusionné son électorat pendant toute la campagne électorale en surfant, comme je le dis, sur la vague Bayrou.

2. Les néerlandophones moins sereins, cela il va falloir me l'expliquer: ils sont effectivement très étonnés comme je le suis moi-même par le revirement annoncé par Moureau. Le retour du PS...ce ne sera pas pour renforcer le "non" de Mevrouw nee, pas du tout, ce retour signifiera la capitulation des francophones, si nous nous en tenons en tout cas aux déclarations du vice-président du PS de ce week-end. LOL Ce fait est d'ailleurs confirmé par les appels du pied en cours de négociation orange bleue lancé par le PS pour jouer à nouveau un rôle, même mineur, dans la pièce. Ce parti doit être au pouvoir pour se maintenir.

3. Tout le MR était d'accord de soutenir l' Orange bleue, tout le MR aurait été ravi de pouvoir élargir cet accord de majorité fédérale au niveau régional. Le MR, qui a gouverné avec le PS pendant 8 ans, a prouvé sa capacité de former un gouvernement en acceptant des compromis, y compris avec des partis de gauche. L'échec de l' Orange bleue, le retour du PS à la table des négociations, n'est du qu'à un vèto des ténors du MOC, dont j'ai expliqué plus haut pourquoi il tenait tant à leur alliance avec le PS. C'est en tout cas la seule explication cohérente. Il n'est donc pas faux de parler de Cartel CDh/PS.

4. Il me semble pourtant que le CDh a tout à perdre dans cette mise en cartel avec le PS et certainement son âme. Les convergences à gauche n'ont guère profité à Ecolo...le CDh ferait mieux de s'en souvenir. Le silence imposé au CDh à propos du décret Arena est un autre indice qui ne trompe pas. Plus personne ne pourra désormais distinguer les spécificités CDh dans le paysage politique. Nous assistons, je le pense, à un véritable baiser de la mort d'un PS, désavoué par les électeurs, qui ne doit sa survie politique qu'à la soumission de son partenaire de cartel. Pourquoi?

5. Josly Piette a impressionné l'ensemble des négociateurs de l' Orange bleue par ses capacités, avérées de pouvoir conclure des compromis comme syndicaliste évidement (tout le monde a foi dans sa parole) puis comme invité à la table des négociations de l' Orange bleue. Tous les négociateurs (particulièrement du côté flamand) se sont tous plaints de l'inexpérience des autres négociateurs CDh: les innombrables relectures suspicieuses de sa présidente et le détricotage des accords pris la veille devant ses réseaux associatifs, les sanglots de l'étoile montante Maxime Prévot à la table, le jusqu'au boutisme syndical mais sans expérience de Benoit Drèze, les silences diplomatiques de Melchior junior, qui avait bien trop peur de déplaire à sa présidente et qui révait d'un poste ministériel et enfin un Delperée, qui croit pouvoir donner un cours de droit constitutionnel alors qu'il s'adressait à des élus de la nation, qui sont donc habilités à ce titre à décider de réformes: L'équipe de négociation du CDh était une farce et seul Josly Piette, sortait du lot et inspirait confiance, même aux libéraux...c'est dire. Yves leterme a simplement pris acte de ces quelques faits.

6. Elio Di Rupo ne fait évidement que vendre sa soupe et cette union des francophones est la dernière planche lui permettant de se maintenir au pouvoir malgré les scandales. Cette période de scandales est pourtant loin d'être terminée: après le temps des inculpations doit venir celui des condamnations (puis sans doute des recours)...depuis Cools, tout le monde au PS a des dossiers sur tout le monde...nous sommes loins d'en avoir terminé avec l'ère des scandales. Comme je le conseillais à son président sur son blog, je vous suggère de vous informer sur les expériences de "mani pulite" de la démocratie chrétienne italienne pour appréhender les secousses à venir. En associant son destin à un tel cheval, le CDh commet une erreur historique. Mais ce n'est bien sûr, que mon avis.

Écrit par : Philip Hermann | 07/01/2008

Les commentaires sont fermés.